Juteux comme le vin chaud, le business du marché de Noël à Strasbourg ? S’il est l’un des plus vieux marchés du genre avec ses 450 ans d’histoire, il s’est métamorphosé dans les années 90 en véritable attraction touristique, une “cash machine” pour l’économie locale avec pas moins de 3,4 millions de visiteurs l’an dernier (contre 2 millions il y a dix ans), un record.

Une estimation courante borde à 250 millions d’euros les retombées économiques de l’événement, qui profitent principalement au secteur privé. « Mais il n’y a pas d’étude qui permettrait de consolider une estimation précise », relativise toutefois Joël Steffen, adjoint à la maire de Strasbourg en charge du commerce.

Jusqu’à 30 à 40 % de chiffre d’affaires annuel en décembre

Aux premiers rangs des bénéficiaires de cette manne rouge et or se trouve le secteur hôtelier de la région strasbourgeoise, qui affiche une quasi-saturation durant la période, avec un taux d’occupation de 95 % ces dernières années, selon l’Office eurométropolitain de tourisme, des loisirs et des congrès. Quant aux restaurants strasbourgeois, ce sont les demandes de groupe qui explosent durant le marché de Noël, générant une forte activité.

Des groupes pour nombre d’entre eux composés de touristes, très friands de la typicité de ce marché de Noël traditionnel : Allemands, Espagnols et Italiens plébiscitent le rendez-vous, juste derrière les Français qui représentent une grosse moitié des visiteurs (53 %). L’intérêt de la clientèle américaine et asiatique, réputée pour son fort pouvoir d’achat, se consolide d’année en année.

Des coûts d’organisation estimés entre 5 et 6 millions d’euros

Noël rime avec cadeaux, et pour les commerces c’est le moment où l’activité bat son plein : le président des Vitrines de Strasbourg, Gwenn Bauer, note que ces derniers réalisent « jusqu‘à 30 à 40 % de leur chiffre d’affaires annuel durant la seule période du marché de Noël, selon les secteurs d’activité.

Même si le panier moyen du consommateur est en baisse cette année. » Quant au chiffre d’affaires des quelque 300 chalets, le secret de leurs revenus est bien gardé, mais alimente toutes les spéculations.

La collectivité n’est pas en reste, elle perçoit durant cette période 900 000 euros de taxe de séjour, même si de nombreux visiteurs logés chez leurs proches échappent à la taxation. Quant aux redevances sur les droits de place des exposants des chalets, elles rapportent un million d’euros à la collectivité.

Pas suffisant toutefois pour trouver l‘équilibre avec le coût de l’organisation du marché de Noël, estimé entre 5 et 6 millions d’euros, à la charge de la Ville et de la métropole. « On n’organise pas ce marché pour sa rentabilité, mais pour l’intérêt général », pose Joël Steffen. Et son attractivité, qui ne se dément pas.