Par

Arthur Frand

Publié le

14 déc. 2025 à 9h16
; mis à jour le 14 déc. 2025 à 10h50

Dans votre quartier ou ailleurs, vous en avez peut-être déjà vu ? Et comme nous, vous vous êtes demandé ce qu’elles faisaient là et d’où elles venaient ? À Nice, dans les Alpes-Maritimes, il est possible, au coin de la rue, de tomber nez à nez avec une horloge ‘vintage’ un peu datée mais non moins classe et esthétique. Ces cadrans historiques qui sortent un peu de nulle part n’affichent plus la bonne heure. Ils n’ont plus aucune utilité si ce n’est de piquer la curiosité. actu Nice a tenté d’en savoir plus en remontant les archives.

Des horloges qui ne sont jamais à l’heure

C’est en se baladant dans les rues niçoises que nous avons tiqué sur ces horloges d’époque. Sur les réseaux sociaux, certains Niçois ont pu s’interroger aussi. Accrochées en façade ou montées sur des pieds, elles n’ont pas toujours le même style. Et il est même difficile de savoir exactement combien traînent dans les rues. Elles ont toutefois un point commun : elles ne donnent jamais la bonne heure (sauf à tomber sur celle où elles se sont arrêtées).

L’une de ces horloges est presque immanquable si vous passez dans le quartier. Elle se trouve à Carras, posée sur le trottoir, au croisement des avenues de la Californie et Saint-Augustin. Une zone très fréquentée, juste après l’arrêt de tram. Comme écrit sur son cadran, l’horloge provient de la marque italienne Neri (créée en 1962) du nom de Domenico Neri, artiste, sculpteur, observateur attentif des besoins esthétiques et fonctionnels des villes.

Horloges Neri
L’horloge italienne Neri dans le quartier de Carras à Nice. (©Arthur Frand / actu Nice)

Un autre de ces cadrans, d’un style différent, est accroché à l’angle d’un immeuble, rue Caissotti, dans le quartier de Riquier, derrière la nouvelle Promenade du Paillon. Celle-ci est signée par l’entreprise Sonelec Nice. Il en existe plusieurs de ce type en ville.

Horloge
Une horloge rue Caissotti à Riquier. (©Arthur Frand / actu Nice)

Mais il est impossible de dater précisément leur arrivée. « Il me semble que les horloges qui sont là actuellement ne sont pas très très vieilles », estime Marion Duvigneau, cheffe des archives Nice Métropole Côte d’Azur, qui a replongé le nez dans ses livres.

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La résultante d’une modernisation de la ville

En remontant le passé lointain, deux horloges communales avaient été hissées sur la Tour Saint-François et la Tour Saint-Dominique (Palais Rusca) en centre-ville. Impossible à voir. Elles n’annonçaient l’heure que par le bruit des cloches auxquelles elles étaient reliées.

Ensuite, des horloges avec un cadran avec une seule aiguille, celle des minutes sont apparues. Puis, elles se sont modernisées pour avoir une heure précise avec l’arrivée du chemin de fer en 1865 à Nice et la mise en place d’un horaire national. Les horloges se sont installées en masse sur les façades : sur la gare, le casino place Masséna et la poste notamment.

Les horloges candélabres qui restent encore visibles en ville ne sont pas apparues avant 1933 à Nice, époque où tous les grands boulevards ont été percés. « C’était vraiment lié à la circulation. Dans la voiture, le conducteur pouvait voir l’horloge sur la route ou sur le boulevard », précise encore Marion Duvigneau.

Des horloges des années 70-80 ?

Mais ces horloges qui « survivent » datent plus vraisemblablement des années 70-80, période où la ville de Nice a été modernisée en profondeur. « La municipalité Médecin [Jean-Médecin] voulait une ville plus design. L’intégralité du mobilier urbain a été renouvelée : arrêts de buts, panneaux signalétiques… Il y a eu énormément de marchés publics, de réaménagements. Mais les photos ne sont pas toutes indexées au point de nous dire s’il y a une horloge à tel endroit. Ce n’est que par hasard que l’on aperçoit l’une d’entre elles sur une photo », avance Marion Duvigneau.

À cette même époque, les routes de la ville de Nice ont été élargies. « Certaines horloges plus anciennes étaient présentes pour marquer les carrefours et elles gênaient. Il y avait une horloge sur la place Max-Barrel à Riquier, au carrefour Thiers-Gambetta mais aussi sur le boulevard du Comte-de-Falicon où il y a l’A8 maintenant », développe Marion Duvigneau.

Horloges
En ville, certaines horloges habillaient les ronds points de la Ville de Nice dans les années 70-80. (©Archives Ville de Nice)
Horloges
À Nice, des horloges étaient aussi placées sur les grands axes dans les années. (©Archives Ville de Nice)

Délaissées au profit des équipements digitaux

Autrefois indispensables aux Niçois, pour se repérer et aller travailler, elles ont depuis été délaissées, démodées, suite à l’arrivée de tous les équipements digitaux (smartphones, montres…). « Ces horloges ont pu être supprimées pour faire des travaux ou modifier un quartier. D’autres sont restées ou ont simplement été déplacées. »

Propriétés de la mairie qui n’a pour l’instant pas l’intention de les retirer, les horloges niçoises ne voient plus leurs aiguilles trotter. Et depuis longtemps « Elles ne sont plus reliées à quoi que ce soit, conclut Marion Duvigneau. Elles ne servent plus à rien. » Si ce n’est à faire profiter de leur aspect décoratif et folklorique apprécié par les Niçois attachés à l’histoire de leur ville.

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