Opposée à l’abattage de tous les bovins dans les élevages touchés par la dermatose nodulaire contagieuse, la Confédération Paysanne manifestait ce dimanche 14 décembre au rond-point de l’A 709, à Vendargues, avant d’orchestrer une opération escargot jusqu’à Odysseum.

Un immense panache de fumée s’élevait ce dimanche 14 décembre au matin du rond-point de l’A 709, entre Vendargues et Baillargues. Des agriculteurs de la Confédération Paysanne avaient apporté des centaines de pneus, ainsi que des palettes et des ballots de foin.

Venus avec une dizaine de tracteurs, ils ont organisé un barrage filtrant dès 8 heures du matin. Objectif : marquer leur opposition à l’abattage de bovins du fait de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

« La réponse sanitaire de l’État, c’est qu’on abat tous les animaux d’un élevage dès qu’il y en a un malade, s’indigne Morgane Bara, porte-parole de la Confédération Paysanne 34. Voir son troupeau massacré, c’est insupportable pour les éleveurs. »

« Une honte et un scandale »

« Ce que j’ai vu en Ariège, ces 207 animaux tués et la répression qui s’est abattue sur les éleveurs, c’est une honte et un scandale, je ne l’oublierai jamais », lançait Nicolas Vitou, manadier et représentant de la Conf’.

Opération escargot aller-retour jusqu’à Odysseum.

Opération escargot aller-retour jusqu’à Odysseum.
Midi Libre – SYLVIE CAMBON

En fin de matinée, c’est son fils qui a pris la tête de l’opération escargot pour rejoindre Odysseum. Ce qui a occasionné des kilomètres de bouchon sur l’A 709. Les tracteurs sont revenus par le même chemin.

Des membres de la Conf’avaient prévu de dormir sur le rond-point, la gendarmerie mettant en place une déviation pendant la nuit. Le barrage filtrant devrait reprendre ce lundi dès 7 heures du matin.

Juliette Bougeault, éleveuse de vaches au Caylar.

Juliette Bougeault, éleveuse de vaches au Caylar.
Midi Libre – SYLVIE CAMBON

« Une mesure prise en dépit du bon sens »

Juliette Bougeault est éleveuse

Quelle est votre situation ?

Je suis éleveuse de vaches au Caylar. J’ai une vingtaine de vaches laitières et une quarantaine d’allaitantes. Je suis adhérente à la Confédération Paysanne.

Vous vous en sortez ?

Sur la partie allaitante, oui, mais parce qu’on a monté un atelier de transformation laitière à la ferme, en bio, et qu’on peut commercialiser nos produits en circuit court.

Et pour les autres bovins ?

On vend les veaux, les broutards, à l’export. Je fais donc partie des éleveurs qui seraient concernés par les restrictions en cas de vaccination. Pour autant, je préfère avoir mes animaux vivants et me poser plus tard la question de leur commercialisation.

La maladie vous fait peur ?

Ce qui me fait peur, c’est plutôt qu’on m’empêche d’avoir libre accès aux vaccins. Parce qu’aujourd’hui, on ne peut y accéder que si la maladie n’est pas loin. Et vu que le vaccin met plus de trente jours à agir, on peut être contaminés.

Que vous inspire l’abattage des troupeaux ?

C’est une mesure prise en dépit du bon sens et qui est en plus injuste. Je trouve aussi que c’est infantiliser les éleveurs que de leur refuser les moyens de se protéger comme ils le souhaitent.

La FNSEA durement critiquée

La Coordination Rurale était aussi présente sur le rond-point, hier. « La stratégie de l’État ne fonctionne pas, estimait Christophe Sabatier. Cette maladie est endémique et il faut s’habituer à vivre avec. De toute façon, les agriculteurs refusent d’appliquer ce protocole injuste. »

Au-delà de la DNC, « l’État doit se remettre en question, mais le monde agricole aussi. On ne peut pas interdire des produits en France et en importer dans le même temps ! »

La Confédération Paysanne demande des vaccins pour les éleveurs.

La Confédération Paysanne demande des vaccins pour les éleveurs.
Midi Libre – SYLVIE CAMBON

Une banderole hostile à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) était brandie, hier.

Deux ans après la flambée de colère du monde agricole, en janvier 2024, le moral reste au plus bas. La FNSEA, absente et durement critiquée, hier, était alors à la manœuvre.

Prix qui s’effondrent, normes qui s’additionnent, concurrence qui s’accroît… Les panneaux ne sont pas près d’être remis à l’endroit dans le monde rural…