Publié le
14 déc. 2025 à 16h26
Articulé autour de différentes collections sur l’histoire et la valorisation des patrimoines régionaux, le programme éditorial du Papillon Rouge a toujours fait la part belle à la peinture. Son directeur-fondateur Hubert Delobette a édité divers « beaux-livres » sur le sujet : Le Grand Toulouse et ses peintres, Le Grand Montpellier et ses peintres, Peintres et couleurs de Camargue, Peintres et couleurs du Salagou… Son dernier ouvrage, La vie des Occitans sous le pinceau des peintres, sorti le mois dernier, dresse un panorama de 270 tableaux comme autant de scènes du quotidien occitan des XIXe et XXe siècles.
Une ode à la vie simple
« C’est un livre grand public sans fioriture, une ode à la vie simple, à la nostalgie, à l’enfance magnifiée par une centaine de peintres de la région. On y voit aussi bien des joueurs de belote dans un bistrot que des vendangeurs taillant la vigne, des enfants en train de lire ou batifolant sur une plage… J’ai grandi à La Boissière, un petit village héraultais au nord-ouest de Montpellier. Je garde en mémoire ces années heureuses, aimé et entouré de mes parents et grands-parents, cette atmosphère champêtre où on prenait le temps de vivre ».
Henri Martin, Frédéric Bazille…
Parmi les 70 peintres, on retrouve des figures incontournables tels que le Montalbanais Jean-Auguste-Dominique Ingres, l’Albigeois Henri de Toulouse-Lautrec, le Banyulenc (natif de Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales) Aristide Maillol ou encore le Toulousain Henri Martin et ses toiles iconiques exposées au Capitole : Les Rêveurs mettant en scène sa famille et ses amis au bord de la Garonne, et Les Faucheurs ou l’Été, représentant des hommes en chemise blanche et chapeau de paille, à la tâche, pendant que des adolescentes s’amusent.
D’autres artistes haut-garonnais sont aussi représentés à l’instar de Renée Aspe, Lucien Vieillard ou Raymond Espinasse, l’un des trois mousquetaires de l’École toulousaine au XXe siècle avec Raoul Bergougnan (le père de l’ancien rugbyman Yves Bergougnan, le Antoine Dupont de l’après-guerre) et Marc Saint-Saëns.
Les Blanchisseuses, de Marie Petiet
« Je garde aussi une tendresse particulière pour François Gauzi (1862-1933), natif de Fronton, proche d’Henri Rachou et de Toulouse-Lautrec, Marie Petiet (1854-1893), originaire de Limoux (Aude) qui illustre la couverture du livre avec son tableau Les Blanchisseuses (1882) dans lequel elle restitue une ambiance féminine tendre, à la fois complice et jeune, insouciante et gaie. Je citerai encore le Montpelliérain Frédéric Bazille (1841-1870) qui a réalisé des toiles très colorées et pleines de vie comme Réunion de famille, et La liseuse endormie de Jean Hugo (arrière-petit-fils de Victor Hugo, installé à Lunel dans le Gard), réalisé en 1972, qui représente sa fille, un livre à la main qui s’endort ».
Mathieu ARNAL
Hubert Delobette, La vie des Occitans sous le pinceau des peintres, Papillon Rouge Editeur, 220 pages, 32 €.
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