l’essentiel
Certains souterrains toulousains, bien que méconnus, sont un trésor à découvrir. Laurent Moussinac, créateur du compte « Oh là là Toulouse » qui vulgarise l’histoire et le patrimoine de la Ville rose, revient sur l’importance de la valorisation de ces lieux.
La Dépêche. Les souterrains toulousains sont-ils une grosse partie de son patrimoine ?
Laurent Moussinac. Contrairement à Paris, marquée par l’extraction de pierres, Toulouse n’est pas réputée pour ses souterrains, bien que certaines de ses caves fassent partie intégrante de son patrimoine. Anciennement, certaines étaient même connectées entre elles, mais ce genre de configuration ne se fait plus. Il y a quand même des exceptions, comme des cryptes ou des monuments en sous-sol.

Le compte Instagram « Oh là là Toulouse » est suivi par près de 64 000 personnes.
Ces lieux sont-ils assez visités ?
Si des ouvertures existent, leur fréquentation reste faible. L’enjeu n’est pas l’offre, mais la méconnaissance du public, d’où la nécessité de mieux valoriser ces sites pour les rendre accessibles. Je suis convaincu du rôle fondamental des réseaux sociaux. Le succès d’une vidéo induit des comportements, se traduisant par des visites. Je le mesure car certains sites ont observé une augmentation de leur fréquentation après un post, mais aussi car je reçois directement des témoignages. Donner envie à quelqu’un d’aller voir un endroit, pour moi, c’est la plus belle gratification. À titre d’exemple, la vidéo que j’ai réalisée sur le souterrain abritant le Monument à la gloire de la Résistance a cumulé 408 000 vues. Le samedi suivant sa publication, le site a enregistré 250 visites, un pic inédit qui a aussi permis de diversifier la typologie des visiteurs, notamment vers un public plus jeune.
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C’est donc important de valoriser le patrimoine comme vous le faites sur vos réseaux sociaux ?
Habiter une ville sans la connaître, c’est dommage. Elle est là, elle est à nous, c’est en quelque sorte notre bien commun. En transmettant des informations vulgarisées, on peut permettre aux Toulousains de s’approprier leur ville et donc, d’en profiter au maximum. Et une ville connue, c’est aussi une ville qui rayonne davantage. Je m’en rends compte, car je suis parfois abordé par gens qui n’habitent même pas à Toulouse, mais qui suivent mon contenu.
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Est-ce que le fait que ces lieux soient « cachés » n’attire pas encore plus l’attention ?
Les vidéos qui marchent le mieux sont celles qui mettent les gens dans la confidence sur quelque chose de méconnu. Mais il faut aussi que ça les intéresse. Quand je dis « Aujourd’hui, je vais vous parler d’un bâtiment caché », c’est une bonne accroche, certes, mais il faut transformer l’essai pour qu’ils regardent jusqu’au bout, et aillent voir le lieu en vrai. Il faut de l’engagement émotionnel, mais toujours positif.