En 2025, le temps moyen de passage aux urgences du CHU de Nantes a légèrement diminué pour la première fois depuis 2019. La direction s’en félicite en ce mois de décembre. La CGT, syndicat majoritaire de l’hôpital, estime que c’est bien mais pas encore suffisant.
Le CHU de Nantes se félicite, en ce mois de décembre 2025, d’une légère baisse de la durée moyenne de passage aux urgences. Pour la première fois depuis 2019, elle a diminué au lieu d’augmenter. En moyenne, en 2025, les patients ont passé 7 h 45 aux urgences. Après avoir atteint un pic de 8 h 18 l’année précédente, en 2024. 33 minutes de moins, grâce à un plan d’actions mis en place depuis le début de l’année 2025 et qui porte déjà ses fruits. « C’est une nouvelle encourageante. Après, on ne crie pas victoire trop vite parce qu’on sait que l’hiver reste encore devant nous », précise Ségolène Lebreton, directrice adjointe au CHU de Nantes.
30 minutes d’attente en moins, en moyenne
Ce plan d’actions consiste en plusieurs points : ouvrir des lits, recruter du personnel et réguler les urgences la nuit. « Il y a d’abord la question d’orienter le mieux possible les gens, même en amont de leur arrivée aux urgences. Donc le challenge pour nous à ce moment là, ça a été de les orienter pour qu’ils voient un professionnel de santé, un médecin généraliste, mais pas nécessairement à l’hôpital. On a eu un travail de fond avec la médecine libérale pour trouver des créneaux de soins dans les 24-48 h pour répondre à ces demandes », explique Ségolène Lebreton.
En 2025, la direction du CHU a ouvert 34 lits répartis dans différents services de l’hôpital. Ce qui permet de prendre en charge plus de monde. L’hôpital se félicite aussi d’avoir recruté en 2025, ce qui est rare dans le milieu médical. Notamment sept infirmières et aides-soignantes. Elles sont là pour renforcer l’équipe des urgences l’après-midi et la nuit. Tout cela est bien, mais pas suffisant pour la CGT, syndicat majoritaire au CHU de Nantes. « Dès lors que l’on recrute, qu’on ouvre des lits, c’est plutôt satisfaisant. Sauf qu’on part quand même d’une situation de crise », s’alarme Olivier Terrien, secrétaire général de la CGT et aide-soignant de profession. « Si on veut réduire les délais de prise en charge, il faut continuer à recruter bien plus de professionnels et ouvrir plus de lits. »
Quand on lui parle de l’ouverture de 34 lits, il rappelle qu’il y en a 130 qui ont été fermés depuis 2015. Des lits en chirurgie dont les patients sont désormais plus souvent pris en charge en ambulatoire, à la journée, précise la direction de l’hôpital. Elle réfute d’ailleurs le chiffre de 130 fermetures de lits mentionné par la CGT. Et ajoute que « le capacitaire de l’établissement est à ce jour, supérieur à celui de 2019 ». L’hôpital de Nantes a, par ailleurs, étendu les plages horaires des scanners dédiées aux urgences. Et réserver chaque jour des lits dédiés aux patients des urgences, au sein de chaque service de l’hôpital.
Les urgences de l’hôpital régulés la nuit
Autre mesure bénéfique pour diminuer le temps d’attente : la régulation de l’accès aux urgences est régulé depuis la mi-janvier Ce qui permet d’avoir moins de monde, d’orienter les patients non urgents vers un médecin en journée et donc de fluidifier le flux de personnes aux urgences. Même si, pour le coup, il y a moins de monde sur place, mais les agents qui réceptionnent les appels sont surchargés. « On voit bien que cette surcharge de travail, elle est déployée sur les assistants de régulation médicale au SAMU », souligne Olivier Terrien, le syndicaliste. Ces professionnels réclament la création de 10 postes pour pouvoir répondre aux besoins des personnes qui composent le 15.
La direction rappelle qu’elle a recruté quatre personnes supplémentaires en 2025 pour répondre aux appels et un superviseur. Elle rappelle aussi que 20 postes d’assistant de régulation médicale ont été créés entre 2022 et 2024. Il y a aussi un médecin urgentiste de plus de garde chaque soir, dans le cadre de l’accès régulé aux urgences. Ainsi qu’un « médecin urgentiste référent en journée qui vient en renfort de ses collègues », arrivé en 2023 et pérennisé en 2024.
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