Il y a encore 5 ans, elle ne connaissait rien à l’ULM. Aujourd’hui c’est une des meilleures Françaises.
Pour croiser Sandra en tailleur, il faudra que vous passiez faire un tour à la Caisse des Dépôts et Consignations. Elle y est investisseuse. Quand elle rentre du boulot, elle laisse son sérieux à la porte et enfile sa combi de championne déjantée et pétillante. Il est 19 heures, quand je déboule dans sa jolie maison de Roumare. Vous avez noté l’heure, on ne bosse plus, normalement, à cette heure-là. Moi, j’ai dans l’idée de mettre du son en boite. Elle, elle est déjà focus sur les cacahuètes. D’ailleurs, la quiche est au four et la soupe et chaude. C’est la bonne copine, Sandra, elle a le sens de l’accueil. On n’avait rien prévu, mais ici c’est comme ça: je vais rester dîner.
Dans le salon, avant de passer à table, j’essaie le paramoteur © Aucun(e) – Pierre Schwinte
UNE PASSION RÉCENTE
La passion pour l’ULM pique Sandra en 2021. Hier, quoi. Un truc tout bête; une visite au club, des gens qui volent, et de grands yeux qui s’écarquillent. Elle essaie, juste pour voir. Ça y est, Sandra a pris le virus. Et quand elle aime, la dame est du genre à s’y mettre vraiment. Sans compter. Elle investit dans le matos, passe son brevet et la voilà apte à piloter seule son paramoteur, la classe 1 de l’ULM. L’ULM, c’est d’ailleurs tout un tas de catégories: le pendulaire, l’autogyre, le multiaxe, le ballon aérostat, l’hélicoptère…
Voyez, ce sourire sur son visage: en l’air, Sandra est heureuse © Aucun(e) – Tracy Anderson
UN OISEAU SANS AILES
Sandra est du genre à faire les choses à fond. Quand je débarque, ce soir-là, elle m’a sorti la machine. Quitte à en parler, autant l’avoir sous les yeux. Le paramoteur est donc-là, dans un coin du salon, à attendre que je l’essaie. C’est tout léger, on imagine bien le sentiment de liberté qui doit vous prendre quand vous êtes dans les airs. Comme un oiseau sans ailes, paré d’une simple voile, semblable à celle du parapente. Il n’y a que vous et les éléments. Pas de carénage, pas de chichi. De l’air, des oiseaux et vous.
Après la balade, atterrissage réussi © Aucun(e) – Tracy Anderson
DE PETITES BALADES TRANQUILLES?
En 2021, Sandra s’offre donc le brevet. Là, vous vous dites que la quadra va suivre le chemin tranquille de ceux qui s’y mettent sur le tard. Des petites balades aériennes peinardes, à mater le plancher des vaches. C’est mal connaître Sandra! 4 ans après avoir obtenu le brevet, elle affiche aujourd’hui un palmarès de dingue. Sandra n’est pas une fille qui se promène, non. C’est une championne.
L’oiseau déploie son aile © Aucun(e) – Tracy Anderson
CHAMPIONNE DE FRANCE
Brevet en poche, Sandra ne tarde pas à se lancer dans la compète. En binôme, dans un premier temps, aux côtés de Thibault, un autre membre du club. Tous les deux, ça matche. Et voilà que le duo se trouve propulsé direct champion de France! Des médailles, les deux potes vont aller en chercher d’autres. Ensemble ou pas, parce que depuis l’année dernière, Sandra vole de sa propre aile.
Un temps idéal pour voler © Aucun(e) – Pierre Schwinte
PRESQUE CHAMPIONNE DU MONDE
En 2024, c’est donc parti pour une carrière solo. Sandra est intégrée à l’équipe de France et voilà que la team se distingue direct. Les dames décrochent le titre de championnes du monde par équipe. Enfin, on notera une petite nuance. Le titre championnes du monde n’est pas officiel. On parlera plutôt de premières féminines. Au championnat du monde, le règlement impose un minimum d’équipes en lice pour accéder au titre. Et malheureusement, il en manquait une. Qu’importe, la prochaine fois, elles seront assez nombreuses! Et l’équipe de Sandra montera sur la première marche!
Une championne heureuse © Aucun(e) – Pierre Schwinte