par Andreas Rinke

Le président ukrainien
Volodimir Zelensky va reprendre le fil des discussions avec
l’émissaire américain Steve Witkoff à Berlin lundi, à l’heure où
Washington fait état de progrès réalisés pour mettre fin à la
guerre en Ukraine.

Volodimir Zelensky doit s’entretenir avec Steve Witkoff et
le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, ainsi que plusieurs
dirigeants européens, après une première salve de négociations
qui ont duré cinq heures dimanche.

A cette occasion, la partie ukrainienne s’est dite disposée
à renoncer à son ambition de rejoindre l’Otan en échange de
garanties de sécurité de la part de ses alliés occidentaux.

Cependant, l’état d’avancement des discussions sur ce sujet
et d’autres questions cruciales, comme l’avenir des territoires
ukrainiens contestés, n’était pas clair dans l’immédiat.

Ces discussions se tiennent alors que s’ouvre une semaine
cruciale pour l’Europe avec un sommet de l’Union européenne (UE)
qui doit se tenir jeudi lors duquel le bloc doit se prononcer
sur une aide massive à l’Ukraine reposant sur les avoirs gelés
russes.

Les Vingt-Sept, qui ont été la cible de critiques sur leur
politique migratoire, la sécurité et la régulation des géants de
la « tech » de la part de Donald Trump, ont peiné à trouver une
réponse commune.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent par
ailleurs se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions contre la
Russie.

« Nous continuerons de tout faire pour assurer à l’Ukraine la
meilleure position possible lors des négociations, et en cas
d’échec, qu’elle possède toutes les armes pour répondre à cette
guerre d’agression », a déclaré le ministre allemand des Affaires
étrangères Johann Wadephul sur la radio Deutschlandfunk.

« MOMENT CRITIQUE »

Le président finlandais Alexander Stubb, étroitement
impliqué dans les négociations de paix et qui s’entretenait dans
la matinée avec son homologue ukrainien, a averti que l’heure
était décisive.

« Je pense que nous sommes à un moment critique dans les
négociations de paix. Et qu’en même temps, nous sommes plus
proches que nous ne l’avons jamais été ces quatre dernières
années d’un accord de paix », a-t-il déclaré au micro de
l’émission néerlandaise Buitenhof dimanche.

Alexander Stubb a précisé que les deux parties travaillaient
sur trois documents principaux : le cadre d’un plan de paix en
20 points, un document relatif aux garanties de sécurité pour
l’Ukraine et un troisième sur la reconstruction du pays.

« Nous examinons donc les détails ensemble avec les
Américains, les Européens et les Ukrainiens », a-t-il ajouté.

La Russie exige de l’Ukraine qu’elle renonce à une adhésion
à l’Otan et retire ses troupes des territoires qu’elle
revendique dans le Donbass. Moscou exige également que Kyiv
demeure un pays neutre et refuse la présence de soldats de
l’Otan sur le sol ukrainien.

Des sources russes ont rapporté plus tôt cette année que
Vladimir Poutine avait demandé des promesses « écrites » de la
part des puissances européennes sur un non-élargissement de
l’alliance militaire à l’est de l’Europe

La haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères,
Kaja Kallas, a prévenu lundi que la prise de contrôle de la
région du Donbass « n’était pas la finalité » de Vladimir Poutine.

(Reportage dAndreas Rinke, Anne Kauranen, Olena Harmash et Lili
Bayer, rédigé par Matthias Williams ; version française Zhifan
Liu, édité par Kate Entringer)