En Belgique, la Ligue Braille a depuis longtemps renoncé à la police de caractères Times New Roman, pour les mêmes raisons qui ont poussé l’administration Biden à lui préférer Calibri. « Quand vous ouvrez un document Word, il y a plein de polices différentes. Elles sont classées en polices serif ou sans serif. Serif, ça veut dire avec des empattements, en anglais, explique le responsable du service des transcriptions à la Ligue Braille Thibaut Vogel. Et Times New Roman, c’est une police avec des empattements, autrement dit, au bout de certaines lettres, il y a des petites fioritures, des petites choses plus fines. Et ça, c’est très difficile à distinguer pour un malvoyant ».

À l’inverse, d’autres polices de caractères parmi lesquelles Calibri, sont sans serif. « Ces polices sont simplifiées au maximum pour que les symboles, les lettres et les chiffres soient les plus lisibles possibles », ajoute Thibaut Vogel.

Les empattements ne sont pas les seuls critères pour qu’une police soit inclusive et plus visible, l’espace entre les lettres par exemple a également son importance. « Il faut un peu d’espace entre les lettres, que les lettres en elles-mêmes ne soient pas trop collées pour former des mots. […] En fait, Times New Roman n’est pas du tout une police inclusive », conclut le responsable du service des transcriptions à la Ligue Braille.

La Ligue Braille a, elle, opté pour une autre police de caractères sans serif : Luciole, une police créée spécialement pour les malvoyants. Elle présente en outre l’avantage de pouvoir se télécharger gratuitement. Luciole est désormais utilisé par une vingtaine d’éditeurs spécialisés et des centaines de professionnels du champ de déficience visuelle.