PADEL 15 à Paris, le premier terrain dans l’enceinte de la ville
Le padel n’en finit pas de conquérir les stades français. « Moins snob que le tennis, moins intense que le squash, le padel s’est trouvé depuis peu une place de choix dans la grande famille des sports à raquette », révélait GQ à l’issue d’une enquête publiée par Jennifer Padjemi en août dernier, hissant la pratique au rang de « sport le plus hype du moment ». Preuve en est : le premier terrain intramuros a ouvert ses portes. Jusque là réservé à la banlieue, le padel fait son entrée à Paris dans le XVe arrondissement, à quelques encablures de la tour Eiffel. Et pour en faire un lieu vraiment spécial, ses fondateurs ont fait appel à Uchronia. « Ils voulaient un lieu très coloré », témoigne Julien Sebban, à la tête de l’agence de design. Il va sans dire qu’il était le plus indiqué des architectes pour mener à bien cette mission. Visite de ce site singulier en compagnie du designer.

Le terrain, dont l’architecture est codifiée, reste neutre.
© Romain Moriceau
Les couleurs de PADEL 15 évoquent les sports de raquette.
© Romain MoriceauMais que se passe-t-il avec le padel en France ?
« On a passé l’étape de l’effet de mode, la question est plutôt de savoir si on va dépasser le tennis », titrait Le Figaro le mois dernier. Cette année, l’Hexagone a quadruplé le nombre de terrains sur son territoire, comptant désormais près d’un demi-million de joueurs. « La tendance sportive du padel repose sur plusieurs atouts : une prise en main rapide, une dimension sociale forte, et une accessibilité pour tous les âges, peut-on lire sur le site Internet Espritpadel consacré à la discipline. C’est également un sport mixte, favorisant la pratique en double ». L’Île-de-France concentrant 20 % des licenciés, il fallait, enfin un court de padel au sein même de la capitale.

Le bar aux lignes fluides.
© Romain Moriceau
Les tables invitent à la convivialité.
© Romain MoriceauUn lieu vivant et atypique
« La demande était d’obtenir un lieu marquant et différent », précise Julien Sebban. Pour cela, l’architecte a sélectionné deux couleurs principales, le vert et l’orange, rappelant les codes des sports de raquette, mais aussi le sol du terrain de padel, toujours vert. « Pour pouvoir accueillir des compétitions, le terrain doit respecter des codes très précis », ajoute-t-il. D’où, de fait, l’impossibilité d’exprimer pleinement sa créativité colorée dans l’enceinte du court, placé sous une tente rigide dans le jardin. Au contraire, le café et les vestiaires attenants ont été l’occasion idéale d’illustrer visuellement l’esprit de jeu qui imprègne les lieux. « On voulait quelque chose de très énergique », souligne Julien Sebban, qui a pu choisir des couleurs « flash » pour imaginer les annexes du terrain.

Au sol, les ondulation soulignent la circulation.
© Romain Moriceau
Au plafond, le miroir ovale rappelle la forme des balles en mouvement.
© Romain MoriceauUn café joyeux, à l’image du jeu de padel
« Dans le café, il y a vraiment cette idée de mouvement dans une boîte encapsulée, avec des couleurs très fortes qui ramènent à l’univers sportif. » Au plafond, de grands miroirs prennent la silhouette de l’ombre portée des balles tombant au sol, formant des ovales monumentaux. Les murs, chaleureux, s’habillent d’un dégradé rappelant le coucher du soleil, du beige à l’orange saturé. « Au sol, un tracé ondulant de verts, jaunes et oranges compose une cartographie ludique, rappelant la trajectoire d’une balle ou l’énergie d’un échange sur le court, ajoute Uchronia. Cette composition fluide accompagne naturellement les déplacements dans l’espace ». Les lignes courbes du bar, particulièrement théâtral, s’ajoutent à la fluidité de l’espace. Ouvert en continu, le café propose des collations du petit-déjeuner au dîner autour de produits frais et de saison.
À l’extérieur, un jardin pensé en collaboration avec Uchronia accueille les joueurs dans la verdure. Une terrasse, une guinguette ainsi que différents espaces de détente cultivent la convivialité pré ou post-match. Le café, distingué par une façade carrelée, dégradée du vert à l’orange, incite à entrer dans son univers expressif. « On s’est bien amusés », résume Julien Sebban. Plaisir partagé.