Rémi Schnell vit à quelques centaines de mètres de la mairie de La Montagne (Loire-Atlantique), au sud de Nantes. Derrière sa maison, il y a un jardin. Dans le fond de ce jardin, se trouve un bois, partagé par plusieurs propriétaires, dont lui. Une petite parcelle en pente, menant à une zone humide située en contrebas, peuplée de sangliers, de renards, de blaireaux et… d’écureuils. Et si on les classe à part, c’est que Rémi Schnell a tissé un lien particulier avec ces rongeurs à queue touffue.
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Ce photographe animalier nourrit cet amour depuis le confinement. Et s’il ne vit pas encore de sa passion, travaillant à mi-temps comme médiateur auprès des gens du voyage, il s’en approche et c’est, en partie, grâce à ses potes écureuils. L’un d’eux, photographié en mode Superman, a été vu 2 millions de fois sur le réseau social Instagram, partagé en Asie, Russie ou aux États-Unis. Lorsque j’ai quitté Nantes pour La Montagne, il y a deux ans, je suis tombé nez à nez avec un écureuil en attendant ma compagne pour la visite. On l’a faite quand même mais j’étais déjà sûr d’y vivre », rigole-t-il.
« On est devenus copains ! »
Inaccessible autrement que par son jardin, Rémi Schnell se targue d’être le seul humain à pénétrer dans ce bois. Il l’a parsemé de pièges photos pour mieux connaître ses habitants. Il y a aussi construit une hutte camouflée de branches, dans laquelle il passe régulièrement ses nuits. Mais pour les écureuils, animaux diurnes, c’est le jour que ça se passe. Et à force de leur rendre visite, le photographe n’utilise même plus sa cabane d’affût.

Un écureuil roux en plein saut, capturé par le photographe animalier Rémi Schnell à La Montagne. Il a baptisé ce cliché « Super Squirrel », clin d’œil à Superman. Rémi Schnell
C’est incroyable, ils ont compris que je n’étais pas une menace. J’arrive très tôt, m’y installe et je ne bouge plus. Au bout de quelque temps, ils se montrent, comme s’ils se disaient, ah OK, c’est Remi, c’est bon ! Y vit une famille de quatre – un mâle, une femelle et leurs deux enfants. S’y joignent régulièrement deux autres d’un nid voisin. Je ne leur donne pas de noms, car j’aurais l’impression de me les approprier. Mais je les connais individuellement. L’un est particulièrement curieux et s’approche très près de moi. Un autre est très sportif et va super vite. On est devenus copains !

« Un capital sympathie incroyable », résume Rémi Schnell pour évoquer ces rongeurs aux oreilles pointues. Rémi Schnell
Le quadragénaire essaie d’y passer deux à trois fois par semaine. À chaque fois au moins six heures . Un passe-temps gourmand mais devenu essentiel à son bien-être. C’est une reconnexion à la nature, bien sûr, mais aussi à soi. Dans notre société, on est tellement habitués à tout contrôler alors que là, c’est la nature qui décide. On peut passer des semaines sans aucun cliché. Mais pendant ce temps-là, on observe, on écoute, on ressent.
Les photos d’écureuils de Rémi Schnell sont à retrouver, pour la première fois, dans un calendrier, mis en page et imprimé dans la commune voisine de Brains. Il en reste quelques exemplaires à commander sur le site internet du photographe ou sur ses réseaux sociaux. Ses clichés, en format XXL, sont également exposés sur la place de la mairie de La Montagne, jusqu’en février.