l’essentiel
Une procédure de licenciement visant Frédéric Ferran, délégué syndical CGT à la concession Renault Toulouse États-Unis, a déclenché une mobilisation de soutien. Une réunion extraordinaire du CSE sur son éventuel licenciement est prévue le 19 décembre.
La direction de la concession Renault Toulouse États-Unis, propriété du groupe Eden Auto, a engagé une procédure de licenciement visant Frédéric Ferran, délégué syndical CGT et élu du personnel.
Une décision qui suscite une vive inquiétude parmi les salariés et le mouvement syndical. Ce lundi 15 décembre, une soixantaine de collègues et de sympathisants se sont rassemblés devant le site.
Selon plusieurs témoignages, les tensions se sont accrues
Ancien salarié du site et militant CGT, l’un des soutiens rappelle que depuis la reprise de la concession par Eden Auto en 2021, le climat social s’est fortement dégradé.
« La CGT reste la première organisation syndicale du garage, et c’est précisément ce que la direction ne supporte pas », affirme-t-il. Selon plusieurs témoignages, les tensions se sont accrues à mesure que le syndicat mettait en lumière la situation économique du site.
Frédéric Ferran explique avoir été convoqué à un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement, à l’issue duquel il a reçu un courriel l’informant de la tenue d’une réunion extraordinaire du CSE le 19 décembre.
Le syndicaliste estime être ciblé pour avoir rendu publics les résultats financiers
Le motif officiel est encore inconnu, mais officieusement, le syndicaliste estime être ciblé pour avoir rendu publics les résultats financiers : « près de 900 000 euros de bénéfices sur le site, dont 850 000 euros reversés en dividendes à l’actionnaire, alors que les salariés n’ont bénéficié ni de prime Macron ni d’augmentation générale significative ».
Par ailleurs, la direction remettrait en cause ses absences liées à ses mandats syndicaux nationaux au sein de la Fédération de la Métallurgie. Une position contestée par la CGT, qui rappelle que le droit syndical garantit ces mandats.
Pour les soutiens de Frédéric Ferran, cette procédure s’inscrit dans une stratégie plus large d’intimidation. La consultation du CSE du 19 décembre sera déterminante. D’ici là, les organisations syndicales n’excluent pas de nouvelles mobilisations pour défendre ce qu’elles considèrent comme une attaque frontale contre la représentation des salariés.
Sollicitée, la direction d’Eden Auto n’a pas donné suite à nos demandes de réaction.