L’Agora, la cité internationale de la danse de Montpellier, termine l’année avec “Theatre of dreams”, la dernière création insensée de son codirecteur Hofesh Shechter, à voir de ce mardi 16 au jeudi 18 décembre.

« Je suppose que ce n’était pas sa cup of tea comme on dit en anglais ». Du temps de Jean-Paul Montanari, feu le directeur historique de Montpellier Danse, Hofesh Shechter n’est venu qu’une seule fois montrer son travail dans la capitale de l’Hérault, qui, assurément, est aussi celle de la danse contemporaine en France (au Zénith sud, en 2011, pour le festival, tout de même !). Il en sourit aujourd’hui. Comme on le sait le chorégraphe d’origine israélienne est désormais le codirecteur de l’Agora, cité internationale de la danse, la nouvelle structure née de la fusion du Centre chorégraphique national et de Montpellier Danse, au côté de Pierre Martinez, Jann Gallois et Dominique Hervieu.

Mais on vous voit venir (surtout ceux qui n’y viennent pas) : non, sa programmation n’est pas un abus de position dominante mais une super bonne nouvelle ! Le chorégraphe au style iconique, vibrionnant, tribal, plus encore populaire depuis par sa participation au très beau lon métrage de Cédric Klapisch, En corps, compte parmi les grands noms de sa génération pour la danse contemporaine actuelle.

« Un spectacle assez fou ! »

À Montpelier, il donne trois représentations à l’opéra Berlioz, mardi 16, mercredi 17 et jeudi 18 décembre, de sa dernière création Theatre of dreams, une pièce pour treize danseurs et trois musiciens. « C’est une sorte de voyage vraiment sauvage, très riche en musiques et dans l’imagerie qu’il suscite. L’idée de base consistait d’envisager la scène comme un cerveau, ou un subconscient, où une fois passé les rideaux, plus ça avancerait, plus ça se complexifierait », nous expliquait-il en octobre à Montpellier avant de repartir en tournée (de par le monde). « Une idée simple donc, mais très difficile à mettre en œuvre, techniquement pour réussir à être parfaitement ensemble, mais nous y sommes parvenus, je crois… Mmh, oui, c’est un spectacle assez fou ! »

 

Une plongée dans la psyché humaine (avec ce que cela suppose de troubles, de rêves, de fantasmes, de cauchemars, de délires…) qui s’annonce donc à la fois ultra-millimétrée et ultra-survoltée. Hofesh Shechter en signe non seulement la chorégraphie mais également, comme toujours, la composition musicale (hétéroclite !). Et les lumières de Tom Visser ajouteront encore à coup sûr, à notre hallucination collective. Bref, ce “Théâtre des rêves” a tout d’un cadeau qui, trois fois non, ne se refuse pas !