A Hong Kong, des chercheurs ont démontré qu’un médicament déjà prescrit pour le diabète peut inverser une partie des altérations que provoque le temps. Les expériences menées sur des souris de laboratoire semblent prometteuses, même si les preuves d’une augmentation de l’espérance de vie sont pour l’instant manquantes.

Vers une future nouvelle stratégie anti-âge ?

Rappelons tout d’abord que tous les êtres vivants perdent progressivement leurs facultés en vieillissant, qu’il s’agisse des bactéries, des plantes, des animaux et évidemment, des humains. En effet, le vieillissement est un processus biologique naturel d’usure et de diminution de performance des cellules et tissus avec le temps, bien que son rythme et ses manifestations peuvent grandement varier selon les espèces. Ne faisant évidemment pas exception, les souris sont le type d’animal ayant été choisi dans le cadre d’une étude publiée dans la revue Cell Metabolism le 2 décembre 2025.

Les médecins et neurologues hongkongais à l’origine des travaux ont démontré qu’un médicament déjà utilisé contre le diabète était capable à lui seul d’inverser certaines altérations que le temps provoque. Afin de parvenir à cette démonstration, les chercheurs ont administré à des souris un agoniste du récepteur GLP-1 : l’exénatide. Ce médicament injectable utilisé pour traiter le diabète de type 2 serait également bénéfique pour les tissus les plus vulnérables au vieillissement. Durant des tests menés sur des souris, l’exénatide a corrigé les dérèglements d’expression génique et les modifications épigénétiques qui s’accumulent avec l’âge.

« Nos travaux ont collectivement apporté des preuves multiples en faveur d’une stratégie anti-âge globale basée sur l’activation du récepteur GLP-1. Compte tenu de son utilisation clinique actuelle et de son profil de sécurité favorable, cette stratégie représente une intervention anti-âge facilement testable pour diverses affections liées à l’âge. Des études longitudinales futures sont nécessaires pour déterminer si l’activation du récepteur GLP-1 peut compléter d’autres méthodes anti-âge. », peut-on lire dans l’étude.

médicament vieillissementCrédit : Huang et al., Cell Metabolism., 2025

De plus amples recherches sont nécessaires

A la base, les agonistes du récepteur GLP-1 sont des régulateurs métaboliques, dont le rôle est de stimuler la production d’insuline afin de contrôler la glycémie. Cependant, un phénomène se produisant depuis quelques temps chez plusieurs patients âgés a été une source d’étonnement pour les médecins, à savoir une résistance accrue face à certaines maladies neurodégénératives – surtout la maladie de Parkinson – et au développement de tumeurs. Les auteurs de l’étude ont alors estimé que ces effets positifs pourraient avoir une origine commune et que les agonistes du récepteur GLP-1 seraient capables d’interférer avec le vieillissement.

Les scientifiques ont administré des doses d’exénatide à des souris âgées de 11 mois durant une trentaine de semaines, puis à un autre groupe de souris âgées de 18 mois durant 13 semaines. Cette expérience a montré une chose : la molécule agit seulement chez les souris vieillissantes. Leur masse musculaire a augmenté, ainsi que leur force et leur endurance, comme l’a démontré une trentaine d’essais sur le plan physique.

Dans la mesure où les expériences sur des souris sont en général révélatrice d’effets possibles sur les humains, l’espoir est permis. En revanche, les chercheurs ont affirmé qu’il ne fallait pas pour autant considérer l’exénatide comme un « élixir de vie ». En effet, l’étude n’intègre aucune mesure en ce qui concerne la longévité des souris ayant participé aux tests. Il n’existe donc aucune preuve que le médicament puisse réellement allonger l’espérance de vie humaine, en tout cas pour l’instant.