Sa parole était attendue dans la cité phocéenne un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, frère d’un militant anti-drogue. Ce mardi, le président de la République était en visite à Marseille, un déplacement qui a débuté par un échange avec des lecteurs de la presse quotidienne régionale (La Provence en l’occurrence) sur la « démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux ». Le cinquième du genre après Toulouse, Arras, Mirecourt avec les lecteurs du groupe EBRA, et Saint-Malo.

Mais, si une telle visite entraîne toujours des complications, celle-ci a eu des répercussions non négligeables. En effet, en privatisant l’entrepôt solidaire de la Fondation CMA CGM pour cette rencontre avec les lecteurs, le chef de l’État a perturbé les livraisons de colis des Restos du cœur dans le département, selon le média d’investigation local Marsactu. L’entrepôt a été mis à disposition du président et des équipes de La Provence par Tanya Saadé-Zeenny, directrice générale déléguée de l’armateur CMA CGM, présidente de la fondation et fille de Rodolphe Saadé, PDG de la multinationale. Or, c’est également le lieu où sont stockées les colis alimentaires des Restos du cœur et de la Croix-Rouge avant qu’ils soient livrés dans les antennes locales.

Plusieurs sites affectés

« Compte tenu de la visite inopinée du président de la République dans l’entrepôt solidaire mardi 16 décembre et des contraintes normales de sécurité qui nous ont été imposées (quitter l’entrepôt lundi 15/12 à 15 h pour ne revenir que mercredi 17/12 à 7 h 30), nous avons dû modifier toute l’organisation du travail du service, des préparations et des livraisons pour cette semaine », aurait reçu les équipes logistiques de l’association d’aide alimentaire. En conséquence : « Pas de préparation le lundi, pas de livraison possible ce mardi, ni lundi ou mercredi, etc. »

Selon Marsactu, ces désagréments concernent notamment les sites de Fos-sur-Mer, Vitrolles, Aix, Miramas, Salon-de-Provence, Istres, Saint-Chamas, Trets, Roquevaire et Marseille, soit près d’un quart des centres de l’association dans le département… D’après les informations du média local, heureusement « tous les centres non livrés ont entre une à cinq semaines de stock pour les protides, les accompagnements et les desserts ». Ce qui est cependant moins vrai pour les produits laitiers et les fruits et légumes.

Interrogé par Marsactu, Damien Denizot, directeur de la communication de la CMA CGM, estime qu’une interruption d’une journée, « ce n’est pas énorme non plus ». Il ajoute que les équipes seraient renforcées « pour aider les associations à rattraper ces vingt-quatre heures de césure ».

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