Les trois adolescents, poursuivis pour l’incendie de deux immeubles dits verre et acier dans le quartier des pépinières Saint-Julien à Rouen il y a deux ans, sont reconnus coupables en appel de dégradations, mais ils sont relaxés pour la destruction volontaire des immeubles.
La chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel de Rouen a rendu un arrêt ce mardi 16 décembre, après une audience qui s’est tenue le 18 novembre dernier, concernant l’incendie des deux immeubles dits verre et acier dans le quartier des pépinières Saint-Julien à Rouen le 30 septembre 2023. Deux immeubles avaient brûlé, trois adolescents de 14 ans au moment des faits avaient reconnu avoir mis le feu à une poubelle au rez-de-chaussée d’un des deux bâtiments. Ils avaient été condamnés pour destruction volontaire par moyens dangereux il y a un an, en décembre 2024.
Mais leurs avocats avaient fait appel de cette décision, se basant sur une expertise incendie qui avait relevé un deuxième départ de feu au deuxième étage. Or les trois adolescents nient être montés dans les étages. Pour leurs avocats, le feu allumé par leurs clients au rez-de-chaussée ne pouvait donc pas être responsable de la destruction complète des deux immeubles. La chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel de Rouen leur donne raison ce mardi, selon une information de Paris Normandie confirmée à ici Normandie. Les trois adolescents sont reconnus coupables de dégradations, mais ils sont relaxés pour la destruction.
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« Je considère que c’est une victoire absolument extraordinaire. Le dossier tel qu’il se présentait n’apportait absolument pas la démonstration ni la preuve que les deux immeubles avaient été détruits par l’action conjuguée de nos trois clients. La Cour a condamné sur les seuls éléments absolument certains, reconnus par les trois prévenus, à savoir ‘on a allumé un incendie dans le hall’, point barre. Et surtout, ce qui est extrêmement important, mais ça, ça concerne beaucoup plus les assureurs des parents des prévenus et les parents eux mêmes, c’est que les sommes absolument énormes qui avaient été réclamées par les parties civiles n’ont plus lieu d’être », se réjouit maître Étienne Noël, avocat de l’un des adolescents.
L’audience en appel de culpabilité a eu lieu le 18 novembre, avec une décision rendue ce mardi. L’audience dite de sanction, pour les dégradations dans le hall d’un immeuble uniquement, aura lieu en janvier. Pour décider des sommes dues, non pas pour la destruction des immeubles mais uniquement pour les dégradations dans un hall, une audience sur les intérêts civils est prévue le 8 avril devant le tribunal correctionnel de Rouen. La ville de Rouen réclame près de 300.000 euros au titre des frais engagés pour nettoyer le site et effectuer des analyses. Le propriétaire des bâtiments, Rouen Habitat, réclame de son côté plus de 5 millions d’euros.