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Publié le 16/12/2025 22:30

Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min

Marseille : les data centers gagnent du terrain

Marseille : les data centers gagnent du terrain
(Franceinfo)

3min

La ville de Marseille (Bouches-du-Rhône) est en train de devenir une « data-ville ». Les data centers, ces centres où sont stockées toutes nos données informatiques, s’y installent massivement.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Sur le port de Marseille, d’imposants bâtiments ultra-sécurisés sont sortis de terre ces dernières années. Des data centers qui abritent des serveurs. Il faut franchir sept niveaux de contrôle successifs pour pouvoir y pénétrer. Bienvenue à l’intérieur du MRS3, un centre de données du géant américain Digital Realty, où sont entreposées 4 000 baies informatiques.
« Ici, on a des exemples de serveurs où, si ça se trouve, vous avez vos emails, votre compte bancaire ou peut-être votre commande d’e-commerce qui est en train d’être traitée », décrit Fabrice Coquio, président de Digital Realty France. La plupart des longs couloirs du bâtiment sont déserts. Un data center fonctionne 24 heures sur 24, mais il nécessite peu de personnel.
« C’est 20 à 25 personnes pour faire tourner ça. On est maintenant dans des usines robotisées, automatisées. Et ici, on est comme une usine, mais une usine du numérique », explique Fabrice Coquio. Des usines du numérique à Marseille, l’entreprise américaine en compte déjà quatre opérationnelles. Et son cinquième data center est en cours de construction.

Depuis 10 ans, une dizaine de centres de données sont apparus dans toute la ville. Pour une raison simple, Marseille est raccordée à une vingtaine de câbles sous-marins, hautement stratégiques, qui permettent aux données de circuler vers plus de 50 pays, en Afrique, au Moyen-Orient et jusqu’en Asie. Pour faire tourner ces quatre data centers à Marseille, Digital Realty dit consommer 20 MW d’électricité, l’équivalent d’une ville de 25 000 habitants. Mais avec l’intelligence artificielle, cette consommation risque d’augmenter d’ici à 2030. »Il y a un point d’interrogation sur la capacité à desservir ces data centers sans renier sur l’électricité qui serait accessible, par exemple, pour l’électrification des voitures, pour l’électrification des chauffages », estime Hugues Ferreboeuf, chef de projet numérique The Shift project. Le leader français des centres de données, lui, assume. S’il consomme de l’électricité et construit de plus en plus, c’est pour répondre à un besoin. « Les data centers sont là parce que nos usages en tant que citoyens, en tant qu’employés, en tant que Français font qu’on utilise du numérique tous les jours. On ne peut pas avoir une numérisation de notre vie digitale et en même temps ne pas avoir les infrastructures digitales », justifie Fabrice Coquio.

À Marseille, c’est la métropole qui valide l’implantation d’un data center. Mais pour cet élu de la mairie, la ville est arrivée à saturation. « Ce ne sont pas des secteurs qui créent de l’emploi. Ce sont des secteurs qui consomment du foncier à vocation économique. Donc l’idée, c’est de faire en sorte que les prochains data centers, ces data centers, ne soient plus que dans Marseille, mais dans des zones plus disposées à les accueillir » déclare Jean-Pierre Cochet. Une dizaine de projets de centres de données sont déjà à l’étude, en périphérie de Marseille. À Bouc-Beller, Digital Realty veut ouvrir en 2028 un data center presque aussi vaste que tous ces sites marseillais réunis.