Le Conseil de Paris a adopté mardi le dernier budget de la mandature d’Anne Hidalgo, au terme de débats agités par une nouvelle passe d’armes entre la maire socialiste et Rachida Dati, à trois mois des municipales.
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À l’issue du Conseil de Paris et du vote du budget 2026, la maire Anne Hidalgo s’est dite « fière » de son adoption. « Ce budget va permettre aux Parisiennes et Parisiens de continuer de bénéficier d’un service public important et d’investissements massifs » notamment dans le logement, a expliqué l’édile socialiste. Après 2 mandatures, « le patrimoine des Parisiennes et Parisiens est passé de 27 milliards d’euros à 47 milliards d’euros. Nous n’avons pas affaibli mais enrichi la Ville », a conclu la maire de Paris. Elle a affirmé avoir « changé la vie » des habitants de la capitale.
À la fois ville et département, la première collectivité de France prévoit 11,3 milliards d’euros de dépenses, dont 1,6 milliard d’euros d’investissements – un chiffre stable par rapport à 2025. La prochaine majorité devra composer avec la loi de finances 2026, actuellement débattue au Parlement, qui « fait à nouveau peser un risque très important » sur les finances de la collectivité, a prévenu l’adjoint aux Finances Paul Simondon.
Du côté de l’opposition, c’est un tout autre son de cloche. La droite a fustigé le « mur de la dette » laissé au prochain exécutif. « C’est un niveau historique. La dette sera de 9,7 milliards d’euros en 2026. C’était 4,2 milliards d’euros en 2014 », a reproché Maud Gatel pour le Modem. Candidat aux municipales de 2026, Pierre-Yves Bournazel (Horizons) n’est pas en reste : « cette dette représente presque désormais 5 000 euros par personne, soit trois fois plus que des comparables comme Lyon et Marseille. »
« Le train de vie démesuré » de l’hôtel de ville
Principale opposante à Anne Hidalgo, Rachida Dati n’a pas manqué de fustiger les deux mandatures de la maire de Paris et la dette qui s’envole : « vous êtes la caricature du socialisme municipal. »
Alors que Rachida Dati promettait un audit des finances si elle est élue et critiquait les hausses d’impôts, l’augmentation du budget de fonctionnement et le « train de vie démesuré » de l’Hôtel de ville, accusant Anne Hidalgo de s’être « servie de l’argent de la collectivité pour ses dépenses personnelles », les débats ont pris un tout autre tour.
« Vous êtes convoquée en septembre 2026 pour faits de corruption », n’a cessé de rappeler la maire sortante à sa rivale, qui doit comparaître en correctionnelle six mois après les municipales pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault-Ghosn – charges qu’elle conteste. « Vous nous ferez peut-être le déguisement du petit gardien de prison, peut-être qu’on ne vous verra pas simplement en éboueur », a-t-elle cinglé, en allusion à un vidéo de campagne de Rachida Dati.
« Vous auriez pu finir avec panache », a regretté l’air goguenard, Rachida Dati. Il reste un conseil de Paris avant les élections pour, sans doute, une dernière joute verbale entre la maire socialiste et son opposante LR.
Article écrit avec l’AFP.