La présidente de Radio France, Sibyle Veil, a défendu le « pluralisme » des antennes du groupe public devant les députés, mercredi 17 décembre 2025. « Je constate une distorsion entre la réalité de ce que nous produisons tous les jours et l’image qui est renvoyée, en ce moment, de l’audiovisuel public », a déploré Sibyle Veil devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la « neutralité » et le « financement » de l’audiovisuel public.
Sur le volet financement, la dirigeante a contesté l’idée selon laquelle son groupe coûterait « trop cher » au contribuable : « Radio France coûte 80 centimes par mois et par Français. » Sur le pluralisme, « sur près d’un demi-million d’heures d’antenne par an, il peut y avoir des erreurs, des épisodes maladroits, ratés, a-t-elle concédé. Mais une séquence de quelques secondes ou minutes ne sera jamais représentative de la pluralité de nos offres ».
Un « baromètre du pluralisme »
« Ce pluralisme, nous souhaitons que chacun puisse le voir en toute transparence », a poursuivi Sibyle Veil, en annonçant la création par Radio France d’un « baromètre du pluralisme ». Cet « outil d’intelligence artificielle » doit analyser la pluralité des thèmes traités sur les trois principales antennes du groupe public, France Inter, Franceinfo et France Culture. Ses premiers résultats seront publiés « dès demain (jeudi) sur le site internet de Radio France », selon la dirigeante.
Avec le député UDR Charles Alloncle comme rapporteur, la commission qui a interrogé Sibyle Veil a été créée dans la foulée de l’affaire Thomas Legrand-Patrick Cohen. Ces deux journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables. Ils seront entendus jeudi après-midi par la commission, après les auditions de la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, puis du numéro 2 de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez.