Plus de 3 000 glaciers disparaîtront entre 2040 et 2060 si la planète se réchauffe de 2,7 degrés à la fin du siècle.

lire plus tard

Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo

Sans paiement. Sans abonnement.

Fermer la fenêtre d’activation des notifications France Info

créer votre compte

se connecter

:

Fermer la fenêtre de présentation

Publié le 17/12/2025 18:00

Temps de lecture : 3min

Une photo aérienne prise le 13 septembre 2022 montre le col de Tsanfleuron (Suisse), débarrassé de la glace qui l'a recouverte pendant au moins 2 000 ans. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Une photo aérienne prise le 13 septembre 2022 montre le col de Tsanfleuron (Suisse), débarrassé de la glace qui l’a recouverte pendant au moins 2 000 ans. (FABRICE COFFRINI / AFP)

La température grimpe et les glaces fondent, de la banquise du pôle Nord jusqu’aux montagnes du monde entier. Deux études alertent sur les températures record en Arctique et sur un pic d’extinction à venir des glaciers.

D’abord, une étude publiée dans la revue Nature. Elle prédit la disparition de milliers de glaciers dans les prochaines décennies. L’auteur principal de cette étude, glaciologue en Suisse, l’avoue lui-même, il est surpris « de l’ampleur du nombre de glaciers qui vont disparaître ». Les scientifiques ont analysé les contours de plus de 210 000 glaciers à travers le monde puis les ont soumis à plusieurs modèles climatiques : réchauffement de planète de 1,5 degré jusqu’à 4 degrés. Selon l’ampleur de ce coup de chaud à venir, et qui a déjà commencé, 2 000 à 4 000 glaciers disparaîtront chaque année par an aux alentours de 2050.

Si nous regardons le scénario actuel, celui vers lequel nous nous dirigeons, celui d’une planète 2,7 degrés plus chaude à la fin du siècle, 3 000 glaciers disparaîtront chaque année entre 2040 et 2060. En 2100, seul un glacier sur cinq aura survécu. Parmi les premières régions touchées : les Alpes. Ce « pic d’extinction » pourrait débuter dès 2035, c’est dans 10 ans. Les glaciers alpins sont pour la plupart assez petits et donc plus fragiles.

Parmi les conséquences, la plus évidente est la montée du niveau des océans. Toute cette glace qui fond se retrouve dans nos mers. La fonte fragilise aussi nos montagnes. La glace est comme de la colle qui maintient les roches. Il y a donc un risque accru d’éboulement, de glissement de terrain… Les fondations de certaines de nos constructions, en altitude, sont directement dans ces glaciers, ce qui représente de nombreux dangers si la glace se fragilise.

Une autre étude porte sur l’Arctique qui souffre. On ne parle pas de glaciers, c’est-à-dire de glace sur la terre mais de banquise, la glace sur l’eau. D’octobre 2024 à septembre 202, l’Arctique – au niveau du pôle Nord – a connu des températures record : 1,6 degré de plus que la moyenne, ce sont les chiffres de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique.

Chaque année, cette banquise atteint son maximum au mois de mars et, cette fois, le pic d’étendue a été le plus faible jamais mesuré en 40 ans de surveillance par satellite. Constat « alarmant », tendance « sans précédent à l’époque récente et peut-être depuis des milliers d’années », explique l’un des co-auteur de l’étude, chercheur à l’Université d’Alaska.

Cette fonte de la banquise menace évidemment les écosystèmes : ours polaires, phoques, morses… Elle accélère aussi le réchauffement climatique. La glace, blanche, reflète et renvoie l’énergie solaire et comme il y a de moins en moins de banquise, le phénomène faiblit. La fonte libère aussi de l’eau douce dans l’océan au risque, selon certaines études, de perturber voire de faire s’effondrer l’Amoc dans les prochaines décennies, un courant océanique qui régule le climat et adoucit les hivers en Europe.