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Rédaction Paris
Publié le
18 déc. 2025 à 8h41
Socialistes, écologistes et communistes présenteront bien une liste commune pour le premier tour des municipales à Paris en mars 2026, menée par Emmanuel Grégoire. Un accord âprement négocié mais validé par les militants. Si socialistes et écologistes gouvernent ensemble la capitale depuis 2001, ils n’avaient encore jamais mené campagne commune dès le premier tour.
« un vote de responsabilité »
« C’est un moment historique », a salué Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint de la maire sortante, Anne Hidalgo, qui mènera donc la liste d’union aux côtés des chefs de file des écologistes David Belliard et des communistes Ian Brossat. Leur soutien « m’honore et m’oblige pour la bataille à venir », a déclaré le député de Paris dans un communiqué.
L’accord a été approuvé dans la soirée par le conseil fédéral des socialistes parisiens, à 85 %, et par plus de 70 % des militants écologistes de la capitale, dont le vote était décisif. David Belliard a salué sur Instagram « un vote de responsabilité, pour faire gagner l’écologie sociale et populaire » face à « une droite trumpiste, anti-pauvres, affairiste et climatosceptique », incarnée selon lui par la candidate LR Rachida Dati.
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Pour l’heure, la porte n’a pas été totalement fermée aux Insoumis, menés par Sophia Chikirou, mais même si Emmanuel Grégoire a répété qu’il ne discuterait pas avec LFI, au premier comme au second tour.
Un accord « difficile et parfois douloureux »
Initialement annoncée pour octobre, cette alliance, qui associe également le parti de Raphaël Glucksmann Place publique et L’Après (ex-LFI), est le fruit de plus de trois mois de tractations serrées.
Mais l’accord a un coût pour le PS qui dirige la capitale depuis 25 ans. « C’est difficile et parfois douloureux car cela implique que certains sortent des listes », glisse une source socialiste : dans un contexte de changement de mode de scrutin, 36 écologistes seraient éligibles contre 28 élus actuellement.
Source de profondes crispations chez les militants socialistes, les écologistes ont également obtenu que David Belliard soit tête de liste dans le 11e arrondissement, où fut élu Léon Blum et où l’est l’actuelle maire socialiste, Anne Hidalgo. Une troisième mairie verte en plus de celles du 12e et du 14e qu’ils administrent déjà.
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Parmi les « marqueurs communs » figurent la revalorisation du périscolaire, un service de garde d’enfant universel, l’objectif de 40 % de logement public (dont 30 % de logement social), ou encore la poursuite de la piétonnisation et du verdissement de la ville.
Ainsi que la gratuité des bus proposée par David Belliard. Parmi les points de divergence, l’avenir du Parc des Princes.
Selon l’accord consulté par l’AFP, les partenaires s’engagent « à tout faire pour qu’il n’y ait qu’une seule liste de gauche au second tour », excluant toute alliance avec le candidat Horizons soutenu par Renaissance Pierre-Yves Bournazel.
Les écologistes, une alternative à LFI ?
« Au final, l’accord est assez favorable pour les Écologistes, et ne l’aurait peut-être pas été à ce point dans une négociation de second tour », analyse Anne-France Taiclet, enseignante-chercheuse en sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
« Les écologistes parisiens n’avaient guère d’autre choix, d’autant que le parti de Marine Tondelier est en difficulté dans plusieurs villes. Mais le PS a aussi besoin des écologistes pour essayer de concurrencer LFI dans les quartiers où vivent des jeunes et des diplômés de gauche qui ne veulent pas voter socialiste », décrypte la chercheuse pour l’AFP.
Le jeu politique parisien est plus ouvert que jamais. Un sondage Ipsos pour Le Parisien créditait de 32 % des voix au premier tour la gauche unie, hors LFI, derrière Emmanuel Grégoire, talonnée par Rachida Dati (27 %), soutenue par le MoDem. Pierre-Yves Bournazel est lui estimé à 14 %, contre 13 % pour Sophia Chikirou (LFI). À l’extrême droite, la liste du RN de Thierry Mariani est créditée de 7 %, ex-aequo avec celle de Sarah Knafo, candidate potentielle.
Avec AFP.
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