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Donald Trump a intensifié sa pression sur le Venezuela en décrétant un blocus sur les pétroliers qui agissaient jusque-là sur le marché noir. Avec en ligne de mire la volonté de renverser le régime de Nicolas Maduro, par la force si besoin.

Le message a été signé de sa main, comme pour souligner que celui-ci, contrairement à la plupart des autres, avait directement été écrit par lui. Sur le réseau social qu’il a créé, Truth, Donald Trump a envoyé un message sans équivoque au Venezuela : les choses sérieuses vont commencer. « Le Venezuela est complètement encerclé par la plus grande armada jamais assemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud. Cette armada ne fera que s’agrandir, et le choc pour eux sera sans précédent, jusqu’à ce qu’ils restituent aux États-Unis d’Amérique tout le pétrole, les terres et les autres biens qu’ils nous ont volés ».

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Le président des États-Unis ne parle presque plus de lutte contre la drogue, le premier argument avancé, à la sortie de l’été, pour justifier les incursions américaines près des côtes vénézuéliennes. De nombreux bateaux, suspectés de transporter de la drogue, ont été ciblés par des tirs venus du ciel. Près de 100 personnes, de plusieurs nations sud-américaines et des Caraïbes, ont été tuées lors de ces attaques, hors de tout cadre légal, sans aucune enquête et alors que le trafic de drogue n’est même pas puni par la peine de mort aux États-Unis.

Désormais, Donald Trump affiche la couleur : c’est bien le pétrole qui intéresse les USA. Le Venezuela dispose des plus grosses réserves au monde (300 milliards de barils). Pour y mettre la main dessus, le dirigeant américain semble prêt à tout. « Le régime vénézuélien a été désigné comme organisation terroriste étrangère », a pointé le locataire de la Maison Blanche.

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À nouveau « les armes de destruction massive »

Habituellement, la classification d’un mouvement sous ce label sert de préalable à des manœuvres d’envergure. D’autant plus que Donald Trump a annoncé placer le fentanyl, cette drogue qui ravage le pays, parmi les armes de destruction massive, rappelant le comportement américain dans un passé pas si lointain, dans un contexte post-11 septembre 2001 et une intervention en Irak décidé sur la base de preuves falsifiées. Que faut-il attendre cette fois-ci des États-Unis, alors que la tension monte entre les deux pays ?

Beaucoup craignent une intervention américaine sur le sol vénézuélien. Il y a quelques semaines, Donald Trump avait demandé à la CIA d’y mener des opérations secrètes afin d’accélérer, ou de provoquer, un changement de régime. « Le président veut continuer à faire exploser des bateaux jusqu’à ce que Maduro capitule », a aussi assumé Susie Wiles, la cheffe de cabinet de Trump, dans des propos rapportés par Vanity Fair qui ont fait polémique ces derniers jours pour leur franchise et leur côté sans filtre.

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Dans son message posté mardi sur Truth, Donald Trump a déclaré imposer un « blocus total » sur les pétroliers entrant ou sortant des États-Unis. Une manière d’asphyxier encore un peu plus le régime de Maduro, qui est déjà obligé, depuis un embargo décidé en 2019, de vendre son pétrole à prix cassé par des circuits détournés.

« 70 % des Américains sont contre »

Désormais, c’est l’économie entière du Venezuela qui est menacée, si le pays ne peut plus faire sortir ses appareils sans risque l’interception par l’armée américaine, comme cela s’est produit pour la première fois la semaine dernière. Les navires des compagnies opérant légalement, comme l’américaine Chevron, ne sont pas menacés. Mais environ 80 % du pétrole vénézuélien est réputé être vendu sur le marché noir.

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Après la guerre de l’information, après la guerre économique, les États-Unis en viendront-ils à une guerre armée sur le sol d’un pays étranger ? « Les Américains ne souhaitent absolument pas déclencher ni mener une nouvelle guerre d’agression, a prévenu Matt Duss, vice-président du Center for International Policy. 70 % des électeurs américains s’opposent à une intervention militaire au Venezuela. Trump a été élu sur la promesse de mettre fin aux guerres, et non d’en déclencher de nouvelles. Non seulement il trahit cette promesse, mais son agressivité envers le Venezuela rappelle les pires moments de la violence et de la domination impérialistes américaines en Amérique latine ».