Un « walk of fame » qui ressemble davantage à un « walk of shame » (célébrité/honte). En septembre, Donald Trump a transformé la roseraie de Jackie Kennedy, un petit morceau de jardin fleuri sur lequel donne le Bureau Ovale, en une cour pavée. À cette occasion, le Républicain avait fait installer une « Allée présidentielle de la célébrité » sous les colonnades, avec les visages des 47 présidents des États-Unis ou plutôt de 46 d’entre eux.
L’époux de Melania Trump avait, en effet, remplacé le portrait de Joe Biden par une photo de sa signature au bout d’un « autopen », soit une machine à signer ou automate servant à reproduire la signature de quelqu’un. Une « blague » qui fait référence à la théorie lancée par le clan Trump selon laquelle bon nombre de décrets décidés par le démocrate auraient en réalité été signés par d’autres personnes avec cet outil, dans le but de dissimuler son « déclin cognitif ».
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« L’une des figures les plus controversées »
Trois mois plus tard, le portrait de Joe Biden n’a toujours pas été remplacé et Donald Trump a été encore plus loin dans la provocation. Le président a fait ajouter des plaques commémoratives en dessous de chacun des cadres et écrit « lui-même » quelques lignes sur le mandat de chacun de ses prédécesseurs (et les siens). Des textes plus personnels – et diffamants – qu’historiques.
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Le 44e président est ainsi présenté de son nom complet, souvent utilisé de manière péjorative dans les milieux de droite : « Barack Hussein Obama ». Il a été « le premier président noir », écrit le Républicain, mais surtout « un organisateur communautaire » et « l’une des figures politiques les plus controversées de l’histoire américaine », qui a « espionné la campagne présidentielle de Donald J. Trump en 2016 et présidé la création du canular “Russie, Russie, Russie”, le pire scandale politique de l’histoire américaine ».
Trump accuse aussi Obama, sur cette plaque visible de tous les visiteurs de la Maison-Blanche, d’être à l’origine d’une « loi sur les soins de santé inabordable et totalement inefficace » (l’Obamacare) et d’avoir « présidé à une économie stagnante, approuvé le terrible accord nucléaire iranien et signé les accords unilatéraux de Paris sur le climat, deux accords qui ont ensuite été dénoncés par le président Donald J. Trump ».
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« Le pire président de l’histoire »
Le 46e président est, lui, présenté comme suit : « Joe Biden l’endormi (“Sleepy Joe”) a été, de loin, le pire président de l’histoire américaine. Il a pris ses fonctions à la suite de l’élection la plus corrompue jamais vue aux États-Unis [… et] a supervisé une série de catastrophes sans précédent qui ont mené notre nation au bord de la destruction. »
Le texte déplore ensuite le bilan économique du démocrate, sa politique climatique, son approche de l’immigration et sa politique étrangère, notamment le retrait des troupes américaines d’Afghanistan (« l’un des événements les plus humiliants de l’histoire américaine »). Il affirme également que c’était à cause de la « faiblesse » de Biden que la Russie a envahi l’Ukraine et que « les terroristes du Hamas ont perpétré l’odieux attentat du 7 octobre contre Israël ».
La plaque mentionne également ce que Donald Trump appelle le « grave déclin mental » de Biden, et son « utilisation sans précédent de l’Autopen ».
« Le meilleur est à venir »
Quand aux plaques sur l’actuel locataire de la Maison-Blanche, celles-ci sont, sans surprise, une suite de louanges. La première indique ainsi que, durant son premier mandat, Donald Trump a « signé les plus importantes réductions d’impôts de l’histoire, bâti une économie florissante, supprimé un nombre record de réglementations fédérales, reconstruit l’armée américaine, mis fin à l’accord sur le nucléaire iranien et aux accords de Paris sur le climat, mis fin au désastre de l’ALENA, détruit le califat de l’EI, signé les accords historiques d’Abraham et créé la plus grande économie de l’histoire du monde ».
La seconde met, elle, en avant les tarifs douaniers exorbitants mis en place par Donald Trump, ses « politiques d’immigration intransigeantes » et affirme qu’il a « supprimé la théorie critique de la race et la folie transgenre des écoles publiques, et interdit aux hommes de participer aux compétitions sportives féminines ». « Il a lancé la construction du Dôme d’or, le bouclier antimissile qui protège le golfe du Mexique, l’a rebaptisé golfe d’Amérique et a fait construire, ici même à la Maison Blanche, la magnifique salle de bal présidentielle Trump après 225 ans d’attente, peut-on lire. Mais LE MEILLEUR EST À VENIR ! »