À la lisière du Millénaire, la cité des Marels concentre depuis plusieurs années une exaspération qui ne faiblit pas. En cause, un point de deal notoire, devenu pour les riverains le symbole d’un abandon progressif des pouvoirs publics. « Ce n’est pas uniquement un problème de municipalité », nuance un habitant. « Mais on a laissé ce point se développer. »
Selon ce riverain, le trafic, longtemps marginal, s’est structuré au fil des ans. « Avant, il y avait quelques consommateurs que l’on reconnaissait. Aujourd’hui, le point de deal s’est étoffé et les consommateurs viennent de toute part. » Les forces de l’ordre interviennent, reconnaît-il, à travers des contrôles et des opérations ponctuelles. Mais sans présence continue, l’effet reste limité. « Il faudrait du 24 h sur 24, 7 j/7. On sait que ce n’est pas possible. »
Au trafic s’ajoutent des nuisances quotidiennes. Robert, autre habitant du secteur, évoque un quartier « sale », régulièrement envahi par des dépôts sauvages le long du fossé où passe la Lironde. Des nettoyages périodiques sont organisés, pour un coût que certains estiment élevé (8 000 € ?). « C’est quand même l’argent du contribuable », souffle l’intéressé, évoquant aussi des rumeurs de déchargements illégaux contre rémunération (50 €), sans preuve établie.
Stationnements anarchiques, circulation bloquée, consommateurs qui errent après leurs achats… le malaise est constant. Si les riverains reconnaissent ne pas subir d’agressions directes, ils dénoncent un sentiment d’insécurité et d’impunité. « On pourrait au moins les verbaliser », insiste Robert, qui s’interroge sur la non-utilisation de la caméra de vidéoprotection de la rue Becquerel.
Entre valse des préfets, promesses répétées et réponses partielles, les habitants des Marels oscillent entre résignation et colère. Avec une certitude, celle de vivre au quotidien les conséquences d’un problème que personne n’a su enrayer à temps.