Il construit des mini fermes dans votre jardin ou celui de votre entreprise.

Chez Sarepta, chemin du Bosc Hue, à Roumare, on n’entre pas comme ça. La grille est fermée. Ici, vous devez saisir le code, pour accéder. Quand on sait qui protège le lieu, on se dit que c’est bien le minimum. Les résidents du centre sont tous des adultes polyhandicapés. Des personnes fragiles et dépendantes, qui auraient tôt fait de se faire la malle, si on n’y prenait garde. Ça n’est pas que les pensionnaires n’y sont pas heureux, ils donnent le sentiment du contraire. Mais ils ont tôt fait de suivre un oiseau dans les rues du village. C’est là, chez Sarepta, que Nicolas m’a proposé de le rejoindre aujourd’hui.

illustration agrandir l'image Marie-Jo et son pensionnaire, main dans la main © Aucun(e) – Côté Fermes

L’ÉVÉNEMENT

Quand j’arrive, Nico est planqué je ne sais où. C’est Marie-Jo qui m’accueille. Elle fait partie du personnel de soins. Avec quelques collègues et une dizaine de résidents, ils sont déjà au taquet, dans le parc de la fondation. C’est l’événement, cet après-midi, pas parce que je suis là, tant pis pour mon égo, mais parce que Nicolas et sa chienne Toupie vont passer, comme c’est le cas chaque semaine. Et Nicolas va avoir besoin que les copains d’ici mettent la main à la pâte.

illustration agrandir l'image Les résidants et leurs encadrantes attendent Nicolas de pied ferme © Aucun(e) – Côté Fermes

UNE COVID ET DES QUESTIONS

Je peux vous dire comment a commencé cette histoire. Nicolas était salarié dans le monde agricole. Il a notamment bossé pour Sénalia, coopérative agricole du port de Rouen. Pendant ce temps, à la maison, il a toujours eu des animaux. Et boum! La COVID pointe son nez, il y a bientôt 4 ans. C’est là que Nico fait comme beaucoup d’entre-nous, il s’interroge. Sa vie ressemble-t-elle à ce qu’elle devrait être? N’y a-t-il pas autre chose à faire ailleurs? Bref, les questions existentielles qui nous prennent à des moments plus qu’à d’autres. Quand beaucoup d’entre nous reprennent là où ils s’étaient mis en pause, après la pandémie, Nicolas tire un trait sur le passé, pour prendre la route de sa nouvelle vie.

illustration agrandir l'image Thomas est prêt à jeter le grain, sous les yeux de Marie-Jo © Aucun(e) – Côté Fermes

DE L’ESPACE À REVENDRE

Cet amour que Nicolas nourrit pour la nature et le monde animal, il va le partager. En créant sa petite boite: Côté Fermes. Son job, dorénavant, ce sera d’installer et, en fonction des options, d’entretenir des mini fermes chez les particuliers, dans les écoles ou sur une partie des espaces verts d’entreprises du secteur. C’est comme ça que le voilà chez Sarepta. Parce qu’ici il y a de l’espace à revendre. Un grand et beau parc d’arbres et de gazon. Il y a de quoi se faire plaisir. Et surtout, il y a de quoi faire du bien à Thomas, Raphaël, Christopher et les autres petits pensionnaires du lieu.

illustration agrandir l'image Chez Sarepta, il y a de l’espace à revendre © Aucun(e) – Côté Fermes

UN JOUR PEUT-ÊTRE DES PONEYS

Quand Nicolas la démarche, l’institution adhère tout de suite à l’idée. Une mini ferme ici, ce sera génial pour les résidents. Alors Nicolas s’y met. Il plante des piquets, installe des clôtures, monte de petits bâtiments de bois. Et peuple tout ça. Des lapins, des biquettes, des moutons, et des poules. Il reste de la place, on envisage de la proposer à une bande de poneys. C’est beau, c’est la vie et ça fait un bien fou aux résidents du lieu. Ça fait un bien fou de caresser un poney. C’est gratifiant de donner le foin aux brebis. C’est amusant de ramasser les œufs.

illustration agrandir l'image Chez Sarepta, je me suis fait une bande de copains © Aucun(e) – Côté Fermes

UNE FERME DANS LE JARDIN

Je ne vous ferai pas l’article sur les bienfaits de la médiation animale, à vous qui comprenez si bien l’intérêt que toutes ces petites bêtes ont à vivre ici, avec Raphaël et les autres. Pour mettre des étoiles dans les yeux de mes gamins, y’a rien de tel. D’ailleurs, Nicolas, ses mini fermes, il les installe partout où on le demande, je vous l’ai dit. Chez vous ou dans votre boite. Une petite dizaine de mètres carrés dans le jardin? Ça peut servir à installer un grand clapier à lapins. Évidemment, plus vous aurez d’espace, plus le champ des possibilités le sera. Même que pour les flemmards qui en feront la demande pourront compter sur Nicolas pour venir nourrir les bestioles. Mais bon, c’est vous qui voyez. C’est plus cher et ça vous enlève une bonne partie de l’intérêt; à quoi bon élever un animal si ça n’est pas pour le bichonner soi-même, hein!

illustration agrandir l'image Nicolas fabrique lui-même les habitations de vos petites bêtes © Aucun(e) – Côté Fermes