La visite répétée du président de la République à Marseille, une fois encore placée sous le signe de la lutte contre le narcotrafic et la violence, interroge moins la gravité de la situation – incontestable – que la manière dont l’Etat français appréhende ses territoires. Car, à force de déplacements symboliques, une question demeure : que signifie gouverner un pays que l’on ne fait que visiter ?
Marseille n’est pas un cas isolé. Elle est devenue un révélateur. Celui d’un Etat central qui observe ses marges depuis son centre, qui intervient ponctuellement, mais décide structurellement ailleurs.
Le contraste est frappant entre l’intensité des annonces et la persistance des désordres. Comme si la proximité physique, à défaut d’une proximité institutionnelle durable, suffisait à produire de l’action publique.
Ce même décalage se retrouve dans le monde agricole. La crise provoquée par la dermatose nodulaire contagieuse, qui frappe durement certains élevages, illustre une fois encore la difficulté de l’Etat à répondre à des situations locales avec des in