Bonjour et bienvenue dans ce direct, il est alimenté par nos journalistes des rédactions de l’Indre, d’Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher, des Deux-Sèvres et de la Vienne, et édité par Grégoire Cornet et Mathilde Lafargue.

13 h 30. Les gendarmes sont massivement déployés à Romorantin (Loir-et-Cher) au niveau du péage, où l’accès à l’A85 est complètement bloqué en entrée comme en sortie. Les conducteurs sont invités à rejoindre l’autoroute par Billy ou Salbris. Trois pelotons de l’escadron mobile de Melun et deux blindés Centaure sont en place alors que les tracteurs des agriculteurs arrivent peu à peu.

« Tant de moyens pour un petit Solognot comme moi », s’amuse Axel Masson, éleveur à Langon-sur-Cher, représentant de la Coordination rurale et secrétaire à la chambre d’agriculture du département.

Des tracteurs bloquent l’accès à l’A85, à Romorantin (Loir-et-Cher), alors que les gendarmes se sont déployés au niveau du péage.

Des tracteurs bloquent l’accès à l’A85, à Romorantin (Loir-et-Cher), alors que les gendarmes se sont déployés au niveau du péage.
© Photo NR, Antoine Tamet

13 h 15. Les premiers tracteurs sont en place à Romorantin (Loir-et-Cher), au niveau du péage. La gendarmerie empêche l’accès à l’A85.

12 h 45. Selon une source syndicale entendue dans la Vienne, les autoroutes occupées (principalement dans le sud de la France) pourraient faire l’objet prochainement d’un déblocage par les forces de l’ordre. Dans le Centre-Ouest, les agriculteurs ne bloquent pas les voies de circulation, uniquement des péages.

CIRCULATION. Vinci Autoroutes faisait le point ce matin : « Entre Orléans et Tours, plusieurs sorties sont perturbées sur 85 km : sorties 16 à 18 fermées. Utilisez la sortie 19 Tours Nord ou l’A28 à Neuillé-Pont-Pierre. Plus au sud, Châtellerault Nord (n° 26) et Poitiers Sud (n° 30) sont fermés ; privilégiez Châtellerault Sud (n° 27) et Poitiers Nord (n° 29). La RN10 est coupée à Poitiers Sud et entre Vendôme et Châteaudun. »

Dans la Vienne, Bison Futé précise : « Interdiction de circulation sur la RN10 dans le sens sud-nord pour tous les poids lourds de plus de 3,5 tonnes entre l’échangeur n° 45 (Maisons-Blanches) et l’échangeur n° 31 (Croutelle). Une déviation est mise en place via la RD948 en direction de Niort, jusqu’à l’échangeur 32 de l’autoroute A10 à Vouillé. Interdiction de circulation de tous les véhicules entre l’échangeur n° 31 de la RN10 (Croutelle) et l’entrée d’agglomération de Poitiers ; les véhicules légers sont déviés par la RD611 en direction de Lusignan, pour rejoindre l’autoroute A10 à l’échangeur n° 31 de Saint-Maixent-l’École. »

12 h 35. Dans l’Indre, la Confédération paysanne vient de tenir une conférence de presse dans une ferme de Rosnay, dans la Brenne, en présence d’une quinzaine d’agriculteurs de son réseau. L’occasion pour le quatrième syndicat de l’Indre, jusqu’alors très discret dans cette séquence d’actualité, de rappeler ses positions sur la gestion de la DNC et le Mercosur.

Sur la DNC, il demande « une autre stratégie de la part de l’État, ouverte au dialogue, respectueuse et humaine », « la fin des abattages totaux », « un accompagnement psychologique des éleveurs touchés » et « une ouverture des négociations pour modifier les règles commerciales en vigueur au niveau européen ». Et sur le Mercosur, il demande au gouvernement de « bloquer cet accord qui ne fera que fragiliser encore plus l’agriculture ».

Jusqu’alors discrète, la Confédération paysanne a tenu une conférence de presse, dans l’Indre, et s’est exprimée sur la gestion de la DNC et le Mercosur.

Jusqu’alors discrète, la Confédération paysanne a tenu une conférence de presse, dans l’Indre, et s’est exprimée sur la gestion de la DNC et le Mercosur.
© Photo NR, Jean-Sébastien Le Berre

12 h. Pourquoi les JA (qui manifesteront cet après-midi) ne sont-ils pas en intersyndicale avec la CR dans la Vienne ? Selon François Turpeau (CR 86), « une main a été tendue aux JA mais il n’y a pas eu de réponse ».

En juin et octobre, sur la question de l’eau, une intersyndicale FDSEA, JA, ADIV et CR avait vu le jour lors des blocages du Futuroscope. La question de la lutte contre la DNC semble plus sensible selon les chapelles syndicales.

Dans l’immédiat, la CR capitalise visiblement sur cette thématique dans les fermes : « Nous n’avons jamais eu autant d’adhésions, même de la part de syndiqués FDSEA qui viennent chez nous », précise François Turpeau.

11 h 35. À l’approche de la mi-journée, les axes de circulation sont très denses dans l’agglomération de Blois, comme ici au bout de l’avenue de Châteaudun.

Les perturbations liées aux manifestations agricoles engendrent un trafic dense dans l’agglomération blésoise.

Les perturbations liées aux manifestations agricoles engendrent un trafic dense dans l’agglomération blésoise.
© (Photo NR, Jérôme Dutac)

11 h 25. Dans les Deux-Sèvres, le maire de Melle annonce déposer plainte après des déversements de fumier et de pneus au cours de la nuit en centre-ville, lors d’une manifestation de la Coordination rurale.

Dans un communiqué, il indique partager son opposition au Mercosur et faire preuve d’une « profonde empathie avec les éleveurs au sujet de la DNC et de son traitement public. Mais [hier soir], finalement, ces revendications n’étaient que des leurres, estime-t-il. La véritable raison […] était de mettre à sac la commune de Melle. Parce qu’elle ne défend pas le modèle agricole de la production à outrance. »

11 h 15. Barrage filtrant sur la D150 dans le sens Melle-Poitiers : l’œuvre des lycéens agricoles de Venours à Lusignan (Vienne). Les jeunes ont décidé de s’associer au mouvement après la visite de François Turpeau (CR 86) présent sur place depuis 7 h.

Les lycéens agricoles de Venours, à Lusignan (Vienne), participent au mouvement.

Les lycéens agricoles de Venours, à Lusignan (Vienne), participent au mouvement.
© (Photo NR, Xavier Benoit)

Ils se rendront à Poitiers avec une dizaine de tracteurs et une cinquantaine de manifestants en début d’après midi. Objectif : rencontrer le préfet de la Vienne pour « sauver leur métier ». Un feu est allumé devant le lycée, sous la surveillance des gendarmes.

11 h 10. La situation semble se figer à Blois avec l’entrée de l’A10 fermée et le rond-point de Cap Ciné toujours occupé par les agriculteurs.

10 h 55. Pendant ce temps, lors de son arrivée à Bruxelles avant un sommet européen, Emmanuel Macron s’est exprimé sur l’accord UE-Mercosur : « Nous considérons que le compte n’y est pas et que l’accord ne peut pas être signé, a-t-il déclaré. Nous demandons que le travail continue […] pour que notre agriculture soit respectée. »

10 h 45. Le péage de l’entrée de l’A10 est toujours bloqué à Blois. Des pneus et de la paille bloquent la route. C’est un point névralgique de la circulation blésoise puisque 35.000 véhicules en moyenne chaque jour y sont comptabilisés au niveau de Blois. « C’est une gare de péage structurante pour l’agglomération », indique Benoit David, responsable d’exploitation.

10 h 40. À Châteauroux, devant Naturapolis, Pierre Chambrier, jeune entrepreneur en travaux agricoles et ex-étudiant de l’établissement se présentant comme porte-parole des manifestants, vient de s’exprimer devant la foule pour demander aux personnes extérieures au mouvement de s’en aller et d’arrêter d’apporter des palettes et des pneus devant l’entrée de l’établissement, « qui se transforme en déchetterie ».

Il confirme par ailleurs qu’une délégation d’une dizaine de personnes se rendra en préfecture à midi pour exposer leurs revendications au préfet, et annonce un cortège de tracteurs et véhicules agricoles à 16 h 30 « jusqu’au rond-point du KFC », à Cap Sud. Il appelle enfin les manifestants à se disperser à la fin de la journée… mais promet de poursuivre le mouvement si l’accord avec le Mercosur est signé aujourd’hui.

10 h 30. Les taxis de la Vienne se relaient pour soutenir les agriculteurs. Laetitia Arnoux, présidente du SDAT 86, partage les motifs de cette solidarité : « S’il n’y a pas d’agriculture, il n’y a pas de nourriture. S’il n’y a pas de taxis, il n’y a pas de transport de malades en campagne. Tant qu’ils seront là, nous viendrons jusqu’à la fin du mouvement. C’est la volonté de la profession. Nous-mêmes sommes impactés par la nouvelle réglementation et la concurrence déloyale des VTC et les plateformes. »

Les taxis de la Vienne affichent leur solidarité envers les agriculteurs.

Les taxis de la Vienne affichent leur solidarité envers les agriculteurs.
© (Photo NR, Marie-Laure Aveline)

10 h 20. En Charente-Maritime, la préfecture annonce que des perturbations routières sont en cours dans le secteur de Saint-Jean-d’Angély, affectant la circulation sur l’A10. « Il est déconseillé d’emprunter l’échangeur n° 34 à Saint-Jean-d’Angély, pour entrer ou sortir de l’A10. » Les usagers sont invités à « privilégier les sorties n° 33 à Niort ou n° 35 à Saintes ».

10 h 15. Un point sur la situation au péage d’Autrèche/Château-Renault (Indre-et-Loire) avec la compagnie de gendarmerie d’Amboise, présente sur place. La sortie 18 est neutralisée pour l’entrée et la sortie depuis hier soir, mais ça circule sur l’A10.

Les agriculteurs auraient l’intention de rester jusqu’à vendredi matin, au niveau du péage d’Autrèche/Château-Renault.

Les agriculteurs auraient l’intention de rester jusqu’à vendredi matin, au niveau du péage d’Autrèche/Château-Renault.
© (Photo cor. NR : Jean-Marie Robin)

Concernant la mobilisation, elle se passe dans le calme avec une présence de 6 à 20 agriculteurs qui bloquent l’accès avec leurs tracteurs. Selon notre correspondant, 5 tracteurs sont sur place et des pneus commencent à être brûlés. Les manifestants auraient l’intention de tenir ce siège jusqu’à demain matin.

10 h 10. Dans la Vienne, c’est comme si on avait fait disparaître les 15.000 véhicules par jour sur la N10, l’axe principal du trafic commercial entre l’Europe du Sud et du Nord.

Aucun poids lourd à l’horizon sur la N10, une image forte.

Aucun poids lourd à l’horizon sur la N10, une image forte.
© (Photo NR, Xavier Benoit)

La raison est simple selon Isabelle Pereira, responsable du snack au centre routier des Minières de Payré depuis dix ans : « Lors du précédent blocage agricole, en janvier 2024, ils arrivaient à passer. Mais cette fois-ci, la très grande majorité des chauffeurs routiers portugais ou espagnols sont bloqués à la frontière franco-espagnole. Je connais un chauffeur coincé là-bas depuis deux jours. »

La colère agricole en France pourrait avoir des répercussions non seulement sur le marché intérieur mais aussi sur d’autres pays européens.

10 h 05. Sur la N10 à Pezou, au nord de Vendôme (Loir-et-Cher), les manifestants ont passé la nuit sur le rond-point au carrefour avec la D357 (Le Mans-Orléans) : un relais a été effectué à 3 h du matin, toute la circulation est bloquée depuis hier matin.

Sur la route du Mans, une file de poids lourds s’accumule, ainsi que des voitures, perdues parce que leur GPS les ramène vers le rond-point. Les contestataires ont indiqué vouloir rester sur place une nuit de plus, jusqu’à vendredi.

9 h 55. Sébastien Bourgoin, agriculteur dans le Loiret, est à Blois ce matin. Le producteur d’asperges et de céréales exprime sa colère.

Même en manifestant, j’ai l’impression qu’on n’est pas écoutés.

Sébastien Bourgoin, agriculteur dans le Loiret

9 h 45. Au total, 17 salariés de trois associations hébergées par Vienne nature environnement (VNE), près de Poitiers, ne peuvent pas aller travailler. Ils attendent les techniciens de Grand Poitiers pour dégager le portail d’entrée de leurs locaux. Pour le président de VNE, Michel Levasseur, « c’est une entrave à la liberté de travailler. Les menaces sont claires. On s’attaque à un symbole en empêchant le citoyen français de défendre le lait, l’eau et la nature. C’est grave ! »

9 h 40. Indre : moment de tension à l’entrée de Naturapolis, où les manifestants chargés de bloquer l’entrée du parking ont voulu empêcher des élèves en voiture de quitter les lieux pour rentrer chez eux. Après intervention d’un responsable du mouvement, ils ont finalement brièvement ouvert la voie, avant de la refermer aussitôt.

9 h 30. À Fontaine-le-Comte, au sud de Poitiers, les locaux de Vienne nature environnement ont été pris pour cible dans la soirée de mercredi avec déversement de déchets et de pneus. Les responsables de l’association l’ont découvert sur les réseaux sociaux, dans une vidéo postée par la Coordination rurale. Ce matin, les gendarmes sont sur place pour des constatations. Une plainte va être déposée.

9 h 25. Les internes castelroussins de Naturapolis enjambent le portail de l’établissement, bloqué par des bottes de paille, pour aller récupérer leurs affaires et rentrer chez eux. Les responsables du mouvement sont à l’intérieur, en train de rédiger leur courrier de revendications pour le préfet.

La jeunesse agricole de l’Indre est déterminée.

La jeunesse agricole de l’Indre est déterminée.
© (Photo NR, Jean-Sébastien Le Berre)

Dans la Vienne, les conséquences des blocages sont déjà palpables sur le trafic routier de la N10. Il n’y a pas un poids lourd sur cet axe. Pour la première fois de son histoire, le centre routier des Minières de Payré est à l’arrêt : son parking est vide avec 90 % de fréquentation en moins. La société, qui compte une douzaine de salariés, songe à une fermeture complète.

Le centre routier des Minières de Payré est à l’arrêt. Un moment historique.

Le centre routier des Minières de Payré est à l’arrêt. Un moment historique.
© (Photo NR, Xavier Benoit)

9 h 15. À Blois, la circulation, assurée par la gendarmerie, a repris avec de forts ralentissements au rond-point Robert-Nau. En revanche, tous les accès au rond-point de Cap Ciné sont complètement bloqués. Certains ont délaissé leur voiture pour aller travailler à pied, tout en se montrant plutôt solidaires du mouvement agricole.

9 h 10. À Châteauroux, l’établissement Naturapolis est toujours bloqué par une centaine de jeunes. La route de Velles est aussi neutralisée par la police au niveau du rond-point sur la D920. Le préfet s’est rendu sur place à 7 h 15 pour rencontrer les responsables du mouvement et leur proposer un rendez-vous à midi. Dans le but d’avoir « un point structuré sur leurs revendications », selon son directeur de cabinet.

Naturapolis, à Châteauroux, est bloqué par une centaine de jeunes ce jeudi matin.

Naturapolis, à Châteauroux, est bloqué par une centaine de jeunes ce jeudi matin.
© (Photo NR, Jean-Sébastien Le Berre)

En attendant, les enseignants étant empêchés d’entrer dans l’établissement par les manifestants, les cours ont été annulés jusqu’à nouvel ordre.

9 h. Les sorties d’autoroute de Blois (péage de l’A10), Mer et Autrèche, sont fermées à la circulation.

8 h 45. Toujours à Blois, les automobilistes tentent de contourner le rond-point de Cap Ciné en empruntant les axes secondaires. Ainsi, dans la rue Louis-Joseph-Philippe, qui débouche sur le rond-point Schuman, les voitures sont à touche-touche. Des dizaines de salariés vont être en retard au travail, à n’en pas douter. La circulation n’est pas meilleure au rond-point Robert-Nau, qui est aussi bloqué.

8 h 30. Les conditions de circulation sont aussi particulièrement difficiles à Blois. Plusieurs points de blocage sont recensés. Juste avant le rond-point de Cap Ciné, le passage se fait uniquement sur une voie. L’accès à ce rond-point est tout simplement fermé. Des embouteillages sont aussi à signaler sur les axes alentour.

Juste avant le rond-point de Cap Ciné, à Blois, le passage se fait uniquement sur une voie.

Juste avant le rond-point de Cap Ciné, à Blois, le passage se fait uniquement sur une voie.
© (Photo NR, Jérôme Dutac)

8 h 15. CIRCULATION : Vinci Autoroutes fait le point sur les axes à éviter ce jeudi matin en raison des mouvements agricoles en Centre-Ouest. « Entre Orléans et Tours, sur l’A10, plusieurs sorties sont perturbées pendant 85 km : les sorties 16 à 18 sont fermées. Utilisez la sortie 19 Tours-nord ou l’A28 à Neuillé-Pont-Pierre. Plus au sud, Châtellerault-nord (N° 26) et Poitiers-sud (N° 30) sont fermées ; privilégiez Châtellerault-sud (N° 27) et Poitiers-nord (N° 29). La N10 est coupée à Poitiers-sud et entre Vendôme et Châteaudun. »

8 h. À Melle, dans les Deux-Sèvres, des agriculteurs ont manifesté dans la nuit du mercredi 17 à ce jeudi 18 décembre 2025, se regroupant à l’entrée de la ville vers 21 h. Au petit matin, le centre-ville est encombré par les déversements de pneus, fumier, bâches et autres détritus, notamment devant la mairie et devant la permanence de la députée écologiste (et candidate à l’élection présidentielle) Delphine Batho. Les services communaux ont débuté le nettoyage afin de rouvrir les rues à la circulation.

Nouvelle et huitième journée de mobilisation pour les agriculteurs, vent debout contre les annonces du gouvernement en matière de gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi dans le cadre de l’accord de libre-échange UE-Mercosur.

Des milliers d’agriculteurs européens convergent d’ailleurs, aujourd’hui, avec des centaines de tracteurs, vers Bruxelles pour exposer leur désarroi. Plus de 10.000 agriculteurs de la FNSEA sont attendus en Belgique.