l’essentiel
La dette de Tisséo et de la Métropole, qui doivent financer la 3e ligne de métro, se creuse. D’où un bras de fer politique dans le contexte de la campagne des municipales.

La dette est un incontournable de la campagne des municipales en cours. Et elle le restera jusqu’au premier tour du scrutin le 15 mars prochain. Pourquoi ? Parce que si on cumule, la dette de la Métropole et de tous ses satellites, c’est-à-dire Tisséo d’abord et avant tout, elle va bondir pour passer de 3 milliards ces dernières années à 5 milliards l’an prochain avec une prévision de 7 milliards en 2030, tous budgets confondus.

Des chiffres qui donnent le tournis au commun des mortels et qui s’expliquent par l’investissement colossal que représente une 3e ligne de métro à 3,1 milliards d’€. Et c’est bien à Tisséo que la dette se creuse et en partie à la Métropole qui va augmenter sa contribution annuelle jusqu’à 201 M€ en 2028. Avec un bond l’an prochain de 134 à 173 M€.

Le débat avait déjà été abordé en octobre lors des orientations budgétaires de la Métropole. Il est revenu sur le tapis ce jeudi lors du vote du budget 2026. Dans un contexte électoral qui change tout.

« Arrêtez d’essayer de faire peur »

En charge des finances, Sacha Briand a convenu que l’effort était sans précédent. L’épargne nette de la Métropole va fondre à 1 M€ seulement. Mais l’élu a redit que l’effort est « conjoncturel et non structurel ». Une poussée de fièvre « deux fois par ans, ça va. Ce qu’il ne faut pas, c’est que ça dure six mois ».

Tout en reconnaissant la dégradation des indicateurs, l’élu a assuré que la Métropole et Tisséo, qui se préparaient à ce pic annoncé « depuis dix ans » dans les plans de financement, sont « parfaitement capables de rembourser ». Il a même vanté la capacité à financer un objectif ambitieux en augmentant « de 25 M€ seulement de 2014 à 2030 » la contribution de la Métropole à Tisséo qui redescend après le pic de 2026-2028.

Surtout, l’élu, en campagne, a justifié à nouveau l’investissement en faveur de la 3e ligne de métro. « Pour un tel investissement, on emprunte. La dette, c’est ça. C’est une dette d’investissement. Pas comme la dette de l’État qui sert à payer les salaires. »

Présidente du groupe socialiste, Karine Traval-Michelet a réaffirmé son soutien à la 3e ligne en accusant l’Etat d’être le véritable instigateur des difficultés financières par ses ponctions. Joseph Carles, pour les Indépendants, a aussi défendu le budget.

L’attaque, comme prévu, est venue de Marc Péré (groupe citoyens-Insoumis), de Michèle Bleuse pour les Écologistes et de Pierre Lacaze (PCF). Le premier a évoqué une situation financière « très dangereuse » qui solde « l’échec total de votre politique budgétaire », a-t-il lancé à Jean-Luc Moudenc. Pierre Lacaze a brandi le spectre « d’une hausse prévisible des impôts ».

« Arrêtez d’essayer de faire peur ! » a répliqué Sacha Briand qui sait, que, dans le cadre de la campagne électorale, les chiffres peuvent inquiéter. Resté silencieux, François Briançon (PS), tête de liste de la « gauche unie » à Toulouse, avait taclé au conseil municipal sur la « dette Moudenc ». Ce jeudi, il a voté contre le budget à la différence de son groupe qui a voté pour.