Cela fait près de trois mois, depuis que Jean Castex a été choisi par Emmanuel Macron pour prendre la direction de la SNCF, que la RATP attend de savoir qui prendra sa tête. Ce jeudi 18 décembre, l’Elysée dit proposer, dans un communiqué, de nommer Xavier Piechaczyk, président de Réseau de transport d’électricité (RTE, le gestionnaire du réseau), à la présidence de la régie des transports parisiens. Cette nomination doit désormais être validée par le Parlement après l’audition de Xavier Piechaczyk en commission au Sénat et à l’Assemblée.
Moins connu du grand public que son prédécesseur, Xavier Piechaczyk, nommé en 2020 par Emmanuel Macron à la tête de RTE et reconduit à l’été 2025, a en revanche eu un rôle conséquent dans les politiques énergétiques récentes de la France. Les services de Bercy et à l’environnement se sont en effet largement appuyés sur les bilans prévisionnels de consommation électrique du pays, qu’il a portés avec Thomas Veyrenc, membre du directoire, fixés pour 2050 et 2035. Publiés en 2021 puis en 2023, les deux rapports ont irrigué les discours, les choix budgétaires ou encore certaines lois sur les investissements dans le nucléaire et les énergies renouvelables, mais aussi le cap à suivre pour électrifier le pays. La révision proposée le 9 décembre pour les scénarios en 2035, dans lesquels la part des renouvelables pourrait être moins élevée, pourrait là aussi influencer la publication imminente de la troisième édition de la Programmation pluriannuelle de l’énergie.
Marié et père de trois enfants, le dirigeant actuel de RTE a fait les Ponts et Chaussées, l’Ecole nationale des travaux publics de l’Etat avant d’effectuer cinq ans de recherche et d’enseignement au CNRS. Il a ensuite travaillé à la direction des routes du ministère de l’Equipement ainsi qu’à la direction des infrastructures du ministère de l’Ecologie.
A la RATP, ouverture de la concurrence et question sociale
Xavier Piechaczyk est par ailleurs proche d’Emmanuel Macron. Lorsque l’actuel président de la République était secrétaire général adjoint de l’Elysée, entre 2012 et 2014, le patron de RTE était conseiller transport de Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, et a conservé cette fonction sous la houlette de François Hollande jusqu’en 2015. Selon l’Informé, il a travaillé sur les sujets énergie, transports, logement et environnement lors de la campagne présidentielle de Macron en 2017.
S’il est bien nommé par le Parlement à la tête de la RATP, sans président depuis le 3 novembre, Xavier Piechaczyk arrivera avec plusieurs chantiers économiques et sociaux. 2026 sera en effet l’année – si un énième retard n’est pas enregistré – de la première ligne du Grand Paris Express, la ligne 18, à l’automne. Il devra aussi batailler avec l’ouverture à la concurrence, ardemment soutenue par Valérie Pécresse, la présidente de région, mais tentera également de gagner des marchés en dehors de la région parisienne, avec sa filiale RATP Dev. Une ouverture à la concurrence qui a aussi un impact social, dont la question sera centrale. Et comme les syndicats ont plutôt eu une bonne opinion de l’action de Jean Castex sur ce sujet, ils ont prévenu qu’ils exigeaient que le nouveau président ait le même souci d’écouter les travailleurs de la régie dans les négociations.