Jusqu’alors, la Caravelle Ajaccio-Nice survolait la mer à son rythme de croisière. Ce 11 septembre 1968 au matin, les 95 passagers et membres d’équipage du vol AF1611 commencent à apercevoir le littoral d’une Côte d’Azur qui s’éveille baignée de soleil. Il faut rattacher sa ceinture de sécurité et relever son cache-hublot : l’appareil entame son approche vers l’aéroport de Nice. L’avion n’arrivera jamais à destination. C’est précisément là où il a plongé dans la Méditerranée, à 10 kilomètres du cap d’Antibes et à 2 300 mètres sous la surface, que des opérations de recherche de l’épave, de photographie et de repêchage, ont été menées avec succès des 11 au 13 octobre derniers, durant une trentaine d’heures. «De nombreuses pièces de la carlingue de l’avion ont été identifiées, […] la queue de l’avion et ses réacteurs», révèlent, mercredi 17 décembre dans un communiqué, les avocats des parties civiles. Des découvertes confirmées à Libération par le procureur de la République de Nice.

Plus de 57 ans après le crash de la Caravelle, l’enquête est relancée. La piste, inlassablement repoussée par les autorités, d’un missile militaire qui aurait touché le réacteur par erreur, est sérieusement envisagée.