Dernier conseil municipal de l’année à Nice. Light. Mais surtout tendu comme peut l’être une séance à trois mois, seulement, des élections municipales. Au menu, hier matin, le budget, déjà source de crispations en temps normal, entre majorité et opposition. Désormais cohabitent dans la salle quatre candidats : le maire sortant qui brigue un 4e mandat et l’élue Juliette Chesnel-Le Roux, tête de la liste PS-PCF-Les Écolos. Ainsi que deux anciennes colistières de l’écologiste : Hélène Granouillac et Sylvie Bonaldi qui siègent désormais en « indépendante ».
Dans la salle, un revenant aussi : Henri-Jean Servat, l’ami des stars et des bêtes, destitué de ses fonctions par Christian Estrosi, a fait son grand retour. Pas seul. Au bout de la laisse du journaliste des happy few, un gracile lévrier… Sur les bancs de l’opposition d’extrême droite, Philippe Vardon – absent – est lâché par l’un de ses colistiers. Thierry Venem a fait savoir en séance qu’il quittait le groupe « Retrouver Nice ». Pour rejoindre Éric Ciotti ?

« Contexte national instable »
Place aux chiffres. C’est Christian Estrosi qui introduit le budget. « Un budget qui s’inscrit dans un contexte national instable, marqué par des contraintes budgétaires fortes et durables », souffle le maire étiqueté Horizons, le parti d’Édouard Philipe qui n’est plus vraiment copain avec Emmanuel Macron. Confirmation du maire : « La trajectoire de redressement des comptes publics conduit l’État à solliciter fortement les collectivités locales ». « Ponction », « lissage », enchaîne Christian Estrosi.
Avec des conséquences lourdes pour Nice, jure encore le maire : « Ces décisions représentent un impact de 14,7 millions d’euros ». Mais heureusement, sourit-il, « Face à ce contexte, la meilleure réponse que nous pouvions offrir aux Niçois, c’est d’opposer notre solidité municipale à l’instabilité nationale ».
« La dette recule »
Concrètement, pose Estrosi, « la dette continue de reculer, avec 14 millions d’euros projetés en 2026. (…) 100 millions d’euros seront investis dans des équipements et des aménagements de proximité. » Et surtout, « j’ai fait le choix de maintenir des taux de fiscalité locale stables. (…) Aucun tarif municipal lié aux services du quotidien n’augmente : ni la restauration scolaire, ni la petite enfance, ni les activités périscolaires, culturelles ou sportives », se félicite-t-il. Sa conclusion : « Ce budget est un budget de responsabilité, de protection et d’ambition ».
« Un budget trumpien »
L’opposition n’en a pas la même lecture. Valérie Delpech pour le groupe de Philippe Vardon dénonce la pression fiscale. Gaëlle Frontoni, proche d’Éric Ciotti, demande à Christian Estrosi « s’il cherche à masquer la réalité de [son] bilan à trois mois des élections ». Enfin, Pour Jean-Christophe Picard – Les Écolos -, « c’est un budget trumpien qui se situe dans une réalité alternative ». « Vos chiffres sont aussi beaux que faux », lance-t-il au maire. Dette, taux d’imposition, niveau d’investissements, tout est égratigné. Et d’ironiser : « Nous prenons acte (…) de ce budget provisoire, puisqu’il a vocation à être modifié par le prochain maire de Nice ».
Christian Estrosi, en forme, balaie toutes les critiques. Il (re)sort le rapport du cabinet d’audit Klopfer qui établissait la bonne santé financière de la Ville, avec une note de 17/20. Et en dégaine un autre. Un rapport qui n’aurait pas été commandé par ses services, celui-là et qui établit, insiste le maire, que Nice est bien gérée.