« Macron trahison, Genevard démission », lance Nathalie, éleveuse dans le pays de Bray devant la cité administrative de Rouen, jeudi 18 décembre dans l’après-midi. Comme une centaine d’agriculteurs de la Coordination rurale, venus avec une cinquantaine de tracteurs, elle est venue crier son ras-le-bol et le sentiment d’abandon du monde agricole. « On veut pas crever, on le dit ! Les normes nous submergent », lance-t-elle excédée. Et le sujet du traité entre l’UE et le Mercosur, dont la signature a finalement été reportée au mois de janvier, est bien sûr au cœur des discussions. « On est contre le libre-échange, tout ce qui va nous envahir en France », insiste-t-elle.
Même réflexion pour Dorian, éleveur à Sainte-Croix-sur-Buchy, qui craint que le marché européen soit inondé de produits en provenance d’Amérique latine. « C’est de la viande qui va entrer qui n’est pas produite avec les mêmes normes que nous. Ça va faire baisser les prix ! Il faut dire au consommateur que la qualité d’une bête produite chez moi ou n’importe où en France est nettement supérieure », assène-t-il.
Une centaine d’agriculteurs de la Coordination rurale se sont mobilisés. – Pierre Durand-Gratian
Un soutien aux agriculteurs touchés par la dermatose nodulaire
Les agriculteurs mobilisés tenaient aussi à soutenir leurs collègues touchés par la dermatose nodulaire contagieuse. Eux n’acceptent pas le protocole actuel face à la maladie et les abattages massifs mais défendent une vaccination à grande échelle.
Après qu’une délégation a été reçue à la Direction départementale des territoires et de la mer, les tracteurs ont convergé vers la préfecture, pour rencontrer le préfet.
Un mouvement pacifique. En tout cas pour l’instant. « On veut alerter les pouvoirs publics. C’est évident que si le Mercosur est signé, on passera vers des blocages », lance Sylvain de Bosschere, président de la Coordination rurale en Seine-Maritime.
Sylvain de Bosschere est le président de la Coordination rurale de Seine-Maritime. – Pierre Durand-Gratian