Cette compétition sportive nationale réunira «un jeune homme et une jeune femme de chaque État et territoire», sélectionnés parmi les meilleurs athlètes lycéens du pays. Les démocrates comparent déjà cette initiative à la saga dystopique Hunger Games.

« Puisse le sort vous être favorable. » À l’approche du 250 anniversaire de l’indépendance américaine, Donald Trump entend donner à la commémoration une ampleur à la mesure de sa présidence : spectaculaire, martiale et résolument clivante. Dernière annonce en date, révélatrice de cette ambition : l’organisation, à l’automne 2026, des « Patriot Games », une compétition sportive nationale de quatre jours réunissant « un jeune homme et une jeune femme de chaque État et territoire », sélectionnés parmi les meilleurs athlètes lycéens du pays.

Présenté dans une vidéo diffusée jeudi par l’organisation Freedom 250, l’événement est décrit par le président comme une célébration de « l’excellence, de l’esprit d’équipe et de la fierté américaine ». Aucune précision n’a toutefois été apportée sur les critères de sélection, le format exact des épreuves ou le rôle de l’État fédéral dans l’organisation, laissant planer un flou qui alimente déjà la controverse.


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L’ombre d’une dystopie

L’annonce n’a pas tardé à déclencher une avalanche de réactions, en particulier sur les réseaux sociaux. Très vite, un parallèle s’est imposé : celui avec Hunger Games, la saga dystopique de Suzanne Collins, dans laquelle un garçon et une fille de chaque district d’un État fictif sont envoyés pour un combat à mort dans une arène sous l’œil des caméras, au nom du spectacle et du contrôle politique.

Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a repris sur X la réplique emblématique de la saga — « May the odds be ever in your favor » (« Puisse le sort vous être favorable ») — en réponse directe à l’annonce présidentielle. Son homologue de l’Illinois, J.B. Pritzker, a pour sa part partagé une image du président Snow, figure autoritaire de la saga, levant une coupe de champagne.

Le compte officiel du Parti démocrate est allé plus loin encore, citant textuellement le roman : « Et ainsi fut décrété que, chaque année, les différents districts de Panem offriraient en tribut un jeune homme et une jeune femme pour combattre jusqu’à la mort dans une page d’honneur, de courage et de sacrifice. »

« Nous avons demandé des soins de santé abordables et les républicains nous offrent Hunger Games », a ironisé de son côté le commentateur politique Brian Tyler Cohen.

Une mise en scène du pouvoir assumée

Au-delà de la polémique, les Patriot Games ne sont qu’un élément d’un programme bien plus vaste, que Donald Trump présente comme « la fête d’anniversaire la plus spectaculaire que le monde n’ait jamais vue ». Dès le passage à l’année 2026, le Washington Monument doit être illuminé pour marquer le lancement officiel des célébrations. Le président a également confirmé son intention de faire ériger un arc de triomphe à Washington, s’inspirant explicitement de celui de Paris. « Nous sommes la seule grande capitale à ne pas en avoir », a-t-il justifié, promettant un début des travaux « très prochainement ». Une comparaison lourde de symboles, tant l’arc parisien renvoie à une tradition impériale plus qu’à l’héritage républicain américain.


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Autre projet phare : la Great American State Fair, une immense foire nationale installée sur le National Mall du 25 juin au 10 juillet 2026, avec des pavillons représentant chacun des cinquante États. Le point d’orgue des célébrations interviendra le 4 juillet, avec un discours présidentiel, un survol d’avions militaires et un feu d’artifice annoncé comme « le plus grand jamais organisé ».

La programmation mêle enfin sport, religion et symboles patriotiques. Un événement UFC (organisation de référence du MMA) inédit doit se tenir à la Maison Blanche le jour du Flag Day, sous l’égide du patron de la franchise Dana White, allié de longue date de Donald Trump. Un grand rassemblement national de prières est également prévu au printemps, avec l’objectif affiché de « redédier la nation à Dieu ». À cela s’ajoute la relance du projet du National Garden of American Heroes, un jardin de statues monumentales consacrées aux grandes figures de l’histoire nationale.

L’ensemble est coordonné par Freedom 250, une organisation nationale présentée comme non partisane, dirigée par Keith Krach, ancien haut responsable du département d’État. D’ici à 2026, d’autres annonces devraient encore venir enrichir un programme déjà marqué par le goût du grandiose.