- Au Royaume-Uni, des propriétaires de bureaux ont trouvé une faille pour ne pas payer leur taxe foncière.
- Regardez ce reportage à Londres des correspondantes de TF1 dans le pays.
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Le 20H
Difficile de trouver un salarié aussi discret et peu regardant sur les accessoires de bureau. Et surtout aussi bienveillants envers leurs employeurs. Dans un quartier du centre de Londres, certains propriétaires ont trouvé des alliés de taille pour contourner le fisc. « C’est un immeuble de bureau ordinaire, mais en fait il abrite… un élevage d’escargots », lâche Geoff Barraclough, responsable planification & développement à la mairie de Westminster, dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.
Vous avez bien entendu. Ces salariés exemplaires sont en fait de simples gastéropodes à coquille. Ce conseiller municipal a découvert des dizaines de caisses de ces mollusques posées à même le sol dans des bureaux vétustes. Des escargots au cœur d’une importante fraude fiscale, car au Royaume-Uni, les entreprises agricoles ne payent pas d’impôts locaux, contrairement aux espaces commerciaux, même inoccupés. Du coup, certains propriétaires de bureaux vides se tournent vers cette arnaque. « En réalité, ce n’est pas vraiment une ferme. Il n’y a aucune base légale pour justifier cela, mais le temps que nous les attrapions, ils ont évité de payer des impôts pendant plusieurs mois », explique le responsable de la mairie.
« Ils se sont trompés sur le prix »
« Rien que dans cet arrondissement de Londres, quatre fausses fermes d’escargots ont été démantelées, deux autres sont en cours d’investigation », souligne Elise Stern, la correspondante de TF1. Sans finir dans aucune assiette, ces escargots ont rapporté gros : plus de 40.000 euros en taxes évitées avec ce système, qui rend les Britanniques interrogés face à notre caméra perplexes. « J’ai souvent des rendez-vous dans cet immeuble, mais je n’ai jamais entendu parler de cette ferme d’escargots », s’étonne ainsi une mère de famille. Un jeune homme de son côté ne connaissait pas cette règle. « Après, c’est intelligent », dit-il.
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Si la mairie a découvert le pot aux roses, c’est grâce à un chef étoilé, Isaac Mc Hale, qui recherchait des escargots pour son restaurant. « Je voulais des escargots que je peux cuisiner et servir pour que les gens les mangent directement dans les coquilles », explique-t-il. Il tombe alors sur le site internet des fameuses fausses fermes d’escargots, crédibles à un détail près. « On sent qu’ils ont fait beaucoup d’efforts, mais ils se sont trompés sur le prix », pointe le restaurateur. Avec un prix bien en dessous du marché et des vendeurs qui ne répondent jamais à ses nombreuses sollicitations, Isaac MC Hale finit par signaler la ferme à un journal d’investigation londonien.
« Dans le passé, des équipes de football demandaient des subventions pour la recherche et le développement pour avoir des réductions d’impôts. Il y a beaucoup de stratagèmes fiscaux farfelus, mais celui-ci c’est vraiment l’un des plus fous », souligne-t-il, en espérant que cette drôle d’affaire aura le mérite de faire la publicité des escargots auprès des consommateurs. Pour limiter ces fraudes presque impossibles à sanctionner, le gouvernement vient de durcir les contrôles sur les créations d’entreprises.
La rédaction de TF1info | Reportage : Elise STERN et Fanny BOURDILLON
