Sur la genèse de ce retour

Jean-Pierre Rivère : « On est là parce que tout le monde le sait, le club est en difficulté en ce moment. Le mal est assez profond. Maurice et moi, on a quand même 22 ans de présidence, et on est comme vous tous, comme tous les supporters, comme tous les partenaires du club, tristes de cette situation, et évidemment, on s’est quand même interrogés sur l’avenir du club. Il se trouve qu’il y a trois jours, je suis allé voir Jim Ratcliffe, j’ai demandé un entretien en tête à tête. On a passé deux heures à faire l’état du club, de ce qui se passait, de comment on pouvait s’en sortir. On est conscients qu’il y a beaucoup de travail. Jim m’a posé une question, il m’a dit, Jean-Pierre, est-ce que vous pourriez revenir pendant 5 mois, le temps d’une mission ? Je lui ai dit, oui, mais je ne peux pas faire ça seul. Il faudrait que je trouve quelqu’un avec qui j’ai confiance, qui connaît le club, et avec qui je suis en phase. En sortant de chez Jim, j’ai appelé Maurice, ça m’est venu comme une évidence. On s’est vus, ça a pris 10 minutes, on s’est dit oui tout de suite. On a eu, le lendemain, l’accord d’Ineos sur le sujet ».

Maurice Cohen : « Il y a une quinzaine de jours, j’avais déjà approché Jean-Claude Blanc (PSG d’Ineos Sports), Fabrice Boquet, et même Jim Ratcliffe pour leur dire de façon ouverte : « ça me fait de la peine de voir ce club en difficulté, j’ai envie d’aider. Je voudrais créer quelque chose, conseiller le président en place. Je n’étais pas au courant que Jean-Pierre allait me solliciter. C’est une opportunité d’essayer d’aider le club à retrouver un peu son image, son âme niçoise. C’est important de retrouver, même autour de nous, des anciens qui pourraient participer et venir nous aider ».

Sur la mission

Jean-Pierre Rivère : « J’ai parlé de maintien à Jim (Ratcliffe), je n’ai pas parlé d’autre chose. Parce que l’OGC Nice doit être en Ligue 1, il ne doit pas être ailleurs. Et aujourd’hui, il faut être très clair. On joue le maintien. On n’a pas de baguette magique avec Maurice. On a une énorme volonté. Ce club nous a beaucoup donné, beaucoup de joie, beaucoup de difficultés par moments, mais on lui doit beaucoup à ce club, et la moindre des choses, c’est de rendre au club ce qu’il nous a donné. On vient bénévolement, mais on ne pourra pas tout faire tout seul, loin de là. Je comprends la colère, la déception, tout ce qui peut être ressenti dans l’environnement du club, qui est aujourd’hui extrêmement trouble. L’amour d’un club, on ne le perd jamais. Et donc aujourd’hui, on va avoir besoin de tout le monde ».

Fabrice Bocquet, PDG de l'OGC Nice.

Maurice Cohen : « Ça me rappelle en 2002, quand le club était en grande difficulté, qu’on a d’abord été relégué par la DNCG. Il y a eu un engouement de toute la ville de Nice, que ce soit les supporters, les autorités, les joueurs, il y a eu un engouement, et c’est ce qu’il faut qu’on arrive à retrouver. Même les journalistes d’ailleurs nous avaient beaucoup aidé à ce moment-là. Avec Jean-Pierre, on revient en commando jusqu’à la fin de saison pour faire le maximum, pour essayer de recréer une âme niçoise, un bon état d’esprit, et qu’on soit solidaires les uns les autres. On va rencontrer les supporters. Je crois que c’est important qu’on retrouve cette joie de venir au stade, de supporter notre équipe, quelles que soient les difficultés. C’est sûr, c’est un challenge difficile ».

Sur Ineos

Jean-Pierre Rivère : « Avec Maurice, on a l’amour de ce club, on a l’amour de cette ville, mais il faut aussi respecter les propriétaires du club. Depuis leur arrivée, Ineos a mis 400 millions d’euros sur le club. C’est beaucoup d’argent. Il y a eu le Covid, une période très compliquée, Mediapro, les droits TV… Ineos a toujours été présent dans les moments difficiles. Et Jim (Ratcliffe) a peut-être pris conscience de certains points qu’il n’avait pas en main, de la difficulté du club aujourd’hui. Ce sont des gens qui sont encore là aujourd’hui et qui sont prêts à nous aider ».

Sur la difficulté qui les attend

Jean-Pierre Rivère : « Tous les clubs traversent des crises. Là, on a une crise sportive qui est importante. Il faut redonner une dynamique positive, recoller un peu les morceaux à droite à gauche et de faire en sorte que tout le monde s’aligne sur un projet très clair qui est ce fameux maintien. Donc on va se battre. Encore une fois, on n’est pas des magiciens, on ne va pas révolutionner d’un coup le club. C’est un travail de longue haleine. Il y aura des défaites. Mais peut-être que dans un contexte d’unité, le jour où vous perdez, vous avez encore des encouragements derrière vous parce qu’on sait que c’est un passage obligé. Ce qui est important, c’est l’arrivée. Donc le chemin va être difficile, il va être long, mais on sera tous là et je suis persuadé que les gens qui aiment ce club, que ce soit en  interne ou en externe, vont se retrouver pour le soutenir et pour arriver à atteindre l’objectif ».

Sur l’avenir de Franck Haise 

Jean-Pierre Rivère : « Aujourd’hui, on a des gens en place. Je vais vous rappeler une anecdote. Claude Puel. Sept défaites. A la quatrième, les questions de son avenir ont commencé. Elles ont continué à la cinquième, la sixième, la septième. On ne l’a pas licencié, on l’a prolongé. On ne va pas prolonger Franck Haise, puisque ça a déjà été fait. On va utiliser les forces que nous avons. Franck est une force. Florian Maurice, c’est une force. Aujourd’hui, on est tous très mobilisés. On va essayer de faire le mercato le plus juste possible. Le projet, c’est qu’on prend les gens en place et on va tous être solidaires, on va tous se mobiliser. Vous savez, dans le foot et dans le sport, la tête est aussi importante que les jambes. Et quand la tête vacille, c’est plus compliqué. Vous avez vu les matchs dernièrement, je pense que si les têtes étaient peut-être plus libres, on aurait peut-être eu des résultats différents ».

Sur l’évolution du foot depuis la présidence de Maurice Cohen

Maurice Cohen : « Oui le football, il a évolué, mais je ne l’ai jamais quitté. J’ai toujours été près du football. J’ai vu pratiquement tous les matchs de Nice depuis de nombreuses années. Aussi ceux de Monaco, parce que j’ai mes activités professionnelles qui sont à Monaco. Ce que je compte apporter, c’est mon dynamisme, mon expérience de huit ans de présidence à l’époque, dans des conditions très, très difficiles. Je ne sais pas si vous avez des souvenirs. On avait démarré dans des conditions bien plus pénibles que celles qui existent aujourd’hui ».