Les autorités américaines ont annoncé la « suspension immédiate » du programme de loterie de la « Green Card », dit « Diversity Visa », dont avait bénéficié le principal suspect de la fusillade meurtrière survenue le weekend dernier à l’université Brown, dans le nord-est des États-Unis.
« Claudio Manuel Neves Valente, l’auteur de la fusillade de l’université Brown, est entré aux États-Unis en 2017 grâce au programme de la Diversity Visa par loterie et a obtenu une carte de résidence. Cet individu odieux n’aurait jamais dû être autorisé à entrer dans notre pays », a écrit la ministre américaine de la sécurité intérieure, Kristi Noem, sur le réseau social X.
The Brown University shooter, Claudio Manuel Neves Valente entered the United States through the diversity lottery immigrant visa program (DV1) in 2017 and was granted a green card. This heinous individual should never have been allowed in our country.
In 2017, President Trump…
— Secretary Kristi Noem (@Sec_Noem) December 19, 2025
Noem a indiqué avoir demandé aux services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) « de suspendre sur instruction du président Trump le programme Diversity Visa », affirmant vouloir « empêcher que d’autres Américains ne soient victimes de ce programme désastreux ».
Instauré en 1990, ce système de loterie permet chaque année à environ 50.000 ressortissants étrangers d’obtenir une carte de résident permanent aux États-Unis, sous réserve de remplir les critères d’éligibilité requis, notamment la détention d’un diplôme d’enseignement secondaire ou une expérience professionnelle qualifiante.
Le processus inclut un examen approfondi des dossiers ainsi qu’un entretien obligatoire avant la délivrance du visa. Des dizaines de millions de candidats à travers le monde participent chaque année à ce tirage au sort.
Parallèlement à cette annonce, la police de Providence, dans l’État de Rhode Island, où se trouve la prestigieuse université Brown, a indiqué jeudi soir que Claudio Neves Valente, ressortissant portugais âgé de 48 ans et principal suspect dans la fusillade sur le campus, a été retrouvé sans vie.
Selon le chef de la police de la ville, Oscar Perez, le suspect « s’est donné la mort ». Son corps a été découvert dans un conteneur de stockage, dans l’État voisin du New Hampshire, avec deux armes à feu à côté.
La fusillade s’est produite samedi dernier dans le bâtiment d’ingénierie et de physique de l’université Brown, alors que des examens étaient en cours. Deux étudiants ont été tués, tandis que neuf autres personnes ont été blessées.
Il est également suspecté d’avoir tué lundi soir, à quelque 70 kilomètres de là, un professeur de la prestigieuse institution du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Professeur depuis 2016 au MIT, Nuno Loureiro enseignait les sciences et le génie nucléaire. Il été retrouvé blessé par balle lundi soir à son domicile de Brookline, dans l’État du Massachusetts. Âgé de 47 ans, il a été déclaré mort à l’hôpital le lendemain.
À ce stade, aucun mobile n’a été officiellement avancé pour expliquer ces actes, qui ont visé deux des institutions universitaires les plus prestigieuses du pays. Les autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes de ces événements.
Selon des éléments rapportés par la presse américaine, Claudio Neves Valente avait lui-même étudié à l’université Brown au début des années 2000. Entre 1995 et 2000, il aurait également suivi des études de physique dans une université de Lisbonne, en même temps que Nuno Loureiro.
Arrivé une première fois aux États-Unis en 2000 avec un visa étudiant, il avait ensuite obtenu le statut de résident permanent en 2017 grâce au programme de la loterie.
Au-delà de l’émotion suscitée par cette tragédie, l’affaire ravive le débat récurrent aux États-Unis sur la possession d’armes à feu, un droit garanti par la Constitution américaine et auquel une large partie de la population demeure fortement attachée.
Selon le site spécialisé Gun Violence Archive, plus de 16.000 personnes ont été tuées par arme à feu aux États-Unis en 2024, sans compter les suicides, illustrant la persistance d’un phénomène de violence armée à grande échelle dans le pays.