L’accusé lors de son entrée dans la salle d’audience du tribunal régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ce vendredi 19 décembre pour connaître le verdict de son procès.

Rolf Vennenbernd / Rolf Vennenbernd/dpa

L’accusé lors de son entrée dans la salle d’audience du tribunal régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ce vendredi 19 décembre pour connaître le verdict de son procès.

Comme un air de déjà-vu, mais cette fois de l’autre côté du Rhin. En Allemagne, un homme de 61 ans a été condamné par la justice ce vendredi 19 décembre à huit ans et demi de prison dans une affaire rappelant par de nombreux aspects l’affaire des viols de Mazan en France.

Même CNN osait ce vendredi la comparaison entre cet Allemand condamné pour des viols répétés de sa femme, dont il a diffusé les vidéos sur internet, et l’affaire qui a abouti l’année dernière à la condamnation à 20 ans réclusion criminelle pour Dominique Pelicot, ex-mari de Gisèle Pelicot, qu’il livrait à des inconnus recrutés sur internet après l’avoir préalablement droguée.

Avec des titres comme « Pelicot de Aix-la-Chappelle ? », la presse allemande a elle aussi établi un parallèle évident avec l’affaire française des viols de Mazan. L’accusé condamné ce vendredi et identifié comme Fernando P. était poursuivi pour avoir, entre 2018 et 2024, administré « à plusieurs reprise » des sédatifs à son épouse à son insu avant de la violer, a déclaré le tribunal d’Aix-la-Chapelle dans un communiqué.

L’homme était également accusé d’avoir « filmé les faits et mis à disposition les vidéos dans des groupes de discussion et sur des plateformes internet », a expliqué à la presse une porte-parole du tribunal après l’énoncé du verdict. Il a finalement été reconnu coupable « de viol aggravé, de coups et blessures graves et d’atteinte à la vie privée par la prise d’images », a-t-elle ajouté.

Sa peine est toutefois moins lourde que les dix ans requis par le ministère public.

Un procès presque entièrement à huis clos

Né en Espagne, l’homme travaillait comme concierge jusqu’à son incarcération en février dernier. Au départ, la police allemande avait été alertée sur ses agissements par des internautes qui enquêtaient sur des échanges dans des groupes de discussion d’une messagerie en ligne, a également expliqué la porte-parole du tribunal.

Dans cette affaire, la messagerie en question avait accepté de fournir des informations sur ses utilisateurs, permettant à la police d’identifier l’accusé.

La victime « a pu s’exprimer » et « faire part de ses sentiments », a commenté son avocate face aux journalistes. Mais contrairement à l’affaire des viols de Mazan et son écho international, ce procès a fait bien moins de bruit en Allemagne que le dossier Pelicot en France. Celui-ci est d’ailleurs devenu un symbole mondial des violences faites aux femmes quand Gisèle Pelicot a refusé que les audiences se tiennent à huis clos, afin que « la honte change de camp ».

Ce qui n’était pas le cas dans le cas présent puisque le procès, ouvert en novembre, s’est tenu en grande partie à huis clos, « pour protéger les intérêts de la victime ».