Il bossait en banque. Il a tout plaqué pour reprendre le bistrot du village.
Il est né dans le coin, Guillaume. Il y a une quarantaine d’années. Puis il est allé voir ailleurs si j’y étais. Juste parce que dans sa branche, c’était pas la peine d’espérer trouver un boulot dans la campagne roumaroise. Monsieur se lançait dans la finance. Un master en gestion des risques financiers, et un bon job. Du genre à inspirer le respect. Qui gagnait bien, en plus. C’est comme ça qu’on l’a vu renforcer les rangs de la Banque de France ou de la BNP, en région parisienne. Mais voilà, Paris, pour Guillaume, c’est trop individualiste. Ça manque d’humain.
Au café, le patron a toujours un mot à partager © Aucun(e) – Cyrille Lefrançois
LE RETOUR
Il faut parfois savoir partir, pour se souvenir des choses. Sa vie, Guillaume l’avait sous le nez, sur les terres de son enfance. Quitter tout ça lui a rappelé. Il s’était éloigné de sa vie et des gens. C’est pour ça qu’il est revenu, il y a 18 mois. Pour se retrouver. Son job était passionnant. Il gagnait vraiment bien sa vie. Mais l’essentiel était resté derrière lui. il y a 18 mois, Alors il est revenu là où est sa place: au bistrot du village.
Il y a 18 mois, Guillaume a repris le café de Roumare. © Aucun(e) – Cyrille Lefrançois
DU VIN ET DU CAFÉ
Ici, Guillaume se fait plaisir. En bon épicurien, il a fait de la salle du billard une cave à vin. Une bonne partie de ce qu’il propose, il est allé le glaner chez nos petits vignerons. Il aime prendre le temps de vous parler des histoires que raconte chaque bouteille. Le bistrot est toujours là, évidemment. Les habitants y passent pour récupérer un colis ou boire un café. En fonction des heures, on croise les ouvriers, venus se réchauffer et taper la causette avant d’embaucher, ou le petit retraité, un peu plus tard dans la matinée.
La salle de billard est devenue une cave à vin © Aucun(e) – Cyrille Lefrançois
UN PETIT MOT
Si le café était en train de s’endormir, Guillaume l’a réveillé, il y a 18 mois. Il s’est réveillé avec, d’ailleurs. Il a divisé son salaire, certes, mais il a enfin trouvé sa place, derrière le comptoir. Les va-et-vient sont incessants. Un petit mot, un bout de sourire, une blagounette et on se dit À demain! Tenir un bistroquet, ça ne paye pas comme en banque, c’est sûr, mais ça nourrit l’âme.
- Cave du vieux puits
32, place de la mairie
76480 Roumare
02 35 33 52 78
Asseillez-vous, le café arrive © Aucun(e) – Cyrille Lefrançois