« Cette chute gravissime aurait pu coûter la vie à mon époux. » Patricia Balme donne la mesure de l’accident survenu à l’aéroport Nice Côte d’Azur, dans un courrier adressé au président de son directoire. Son mari, l’acteur Jean Sorel, a été blessé à la tête, le 11 décembre dernier, à l’arrivée de la navette Orly-Nice. Après une série d’examens médicaux, sa femme a déposé plainte mardi contre l’aéroport pour « blessures involontaires ».
Il est 13 h, ce jeudi-là, quand Jean Sorel et Patricia Balme débarquent du vol AF 6210. Le couple établi à Paris rejoint sa résidence secondaire à Vallauris. L’acteur, qui rivalisait de beauté avec Alain Delon et a fait une carrière remarquée dans le cinéma italien (1), est aujourd’hui âgé de 91 ans. Le couple cherche un ascenseur pour descendre avec ses valises. Mais comme à l’accoutumée, il n’en trouve pas, faute de signalétique adaptée. Il se résout à emprunter l’escalier.
Jean Sorel se tient à la rampe centrale. Mais celle-ci s’avère branlante. Il perd l’équilibre. « Mon mari a fait une chute vertigineuse d’une quinzaine de marches. Il est tombé sur le crâne, frémit Patricia Balme. Il y avait une flaque de sang. » Elle comprime la tête de son mari entre ses mains, sous le regard consterné des passagers. « Il était conscient, mais blanc, avec 17 de tension. »
« Il ne pourra pas travailler avant deux mois »
Passé de longues minutes d’attente, un « jeune pompier inexpérimenté » entreprend de prodiguer les premiers soins, avant de passer la main à un médecin. Un responsable de l’aéroport vient s’enquérir de la santé du blessé. « Nos équipes sont intervenues pour porter assistance au passager qui avait lourdement chuté, confirme Hélène Navarro, directrice de la communication des Aéroports de la Côte d’Azur. Après avoir été pris en charge, il a pu regagner son domicile en taxi. »
Le lendemain, Jean Sorel est pris de vertiges. Patricia Balme appelle les sapeurs-pompiers. Direction l’hôpital d’Antibes pour des examens, notamment un scanner de la tête. Pas d’hémorragie interne ni d’hématome sous-dural, comme sa femme le redoutait. « Cependant, il est extrêmement fatigué et affaibli après cet accident, et ne pourra pas travailler avant deux mois. »
Considérant la responsabilité de l’aéroport « totalement engagée », Patricia Balme a demandé réparation. Réparation du préjudice subi, mais aussi de la rampe mal fixée. « Mon mari a failli mourir et je ne veux pas que ça arrive à d’autres. » Côté aéroport, l’incident n’est pas resté sans suite. « Nos équipes ont fait un contrôle technique. La rampe de l’escalier était effectivement branlante, et a été réparée, confirme Hélène Navarro. Nous espérons que ce passager va vite se rétablir. »
(1) Lire son portrait paru dans nos éditions du 14 octobre.