Les chambres spacieuses n’attendent plus que le mobilier et elles seront prêtes pour accueillir les patients. Les travaux de la tranche 1 du centre hospitalier psychiatrique Sainte-Marie, démarrés en octobre 2022 s’achèveront début février 2026. La blanchisserie et autres services logistiques sont déjà opérationnels. La cuisine et le self du personnel sont également livrés et utilisés depuis le 26 novembre. Loin d’être un détail car le responsable de restauration, Philippe Dermigny, concocte un millier de repas par jour dont 800 pour les patients.
Ces derniers vont passer d’unités vieillissantes à des chambres individuelles toutes équipées de salle de douche et w.-c, et des espaces plus adaptés aux besoins actuels. Des chambres doubles sont également prévues pour qui la solitude est trop pesante. « La déstigmatisation de la psychiatrie a rythmé les choix durant la conception du projet, informe Philippe Brunetto, directeur des services généraux. Par exemple, il n’y a plus aucun barreau aux fenêtres. Nous avons privilégié de grandes baies vitrées fixes avec un système de petite ouverture sécurisée sur le côté pour que l’on puisse aérer. Dans le même ordre d’idées, des unités sont bâties autour d’un patio central elliptique surplombé d’une casquette [encore une fois par mesure de précaution] qui forme de petits jardins. »

Six semaines de déménagement
« La livraison de la première tranche va permettre de disposer de 140 lits répartis en cinq unités de psychiatrie générale et une de soins intensifs. Le déménagement va prendre environ six semaines », commente la directrice générale Virginie Mouraret. Si cette dernière vient de prendre ses fonctions, elle connaît parfaitement l’historique et la philosophie du programme puisqu’elle y est entrée en 2001 notamment aux Ressources humaines et aux Opérations sanitaires.
Elle poursuit : « La seconde phase de la restructuration – dont les travaux se dérouleront de mars 2026 au premier trimestre 2028 – sera quant à elle composée d’une unité pour des sujets âgés, une autre sera consacrée à l’autisme, et trois de psychiatrie générale pour 115 lits. Soit un total de 255 lits contre 242 actuellement. La complexité du chantier réside aussi dans le fait qu’il se déroule en site occupé. À terme, nous disposerons d’un amphithéâtre. Outre nos événements internes, il pourra être utilisé pour des conférences, des colloques ou encore des projets culturels. C’est encore une manière de nous ouvrir à l’extérieur. L’hôpital doit s’inscrire dans la ville, les Niçois passent devant mais ne le connaissent finalement que peu. »
« Le bâtiment fait en quelque sorte partie du soin, abonde Philippe Brunetto. Nous avons réfléchi avec les soignants et en écoutant les besoins des malades. Les lieux sont pensés pour être agréables, avec des espaces verts et des matériaux choisis. Pour enlever les véhicules de l’hôpital, les livraisons vers la partie logistique seront effectuées par des galeries sous le bâtiment. Et les toits sont équipés de panneaux photovoltaïques permettant de produire plus de 15 % de l’énergie que nous utilisons. »
Des étudiants infirmiers à la rentrée 2026
L’autre nouveauté réside dans le fait que dès la rentrée scolaire de septembre 2026, les étudiants de l’IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) Sainte-Marie seront présents sur place et non plus sur le site de La Gaude qui sera fermé. « Le rez-de-chaussée du bâtiment historique, où il y avait auparavant le self, est en cours d’aménagement pour eux », décrit Philippe Brunetto. Loin d’être anecdotique, le fait d’amener les futurs soignants dans l’enceinte du bâtiment participe aussi de la volonté de balayer les préjugés sur la psychiatrie.
« Le budget total pour cette restructuration s’élève à 113,5 millions d’euros, entièrement financé par le fonds de l’association hospitalière Sainte-Marie, commente Virginie Mouraret. Il était devenu indispensable d’opérer cette modernisation. Elle sera bénéfique aux patients mais également aux soignants. »