«J’ai été victime d’un hacker et, à ce moment-là, je ne savais pas vers qui me tourner», déplore une directrice d’office de tourisme qui souhaite garder l’anonymat. Elle fait partie de la cinquantaine de représentants d’entreprises, de collectivités et d’associations présents au Cybertour du 12 décembre à Rouen. L’initiative, portée par Group Solutions, expert en informatique et cybersécurité, vise à sensibiliser aux risques cyber et à présenter ses solutions.
Une démarche jugée indispensable par Philippe Vasseur, directeur marketing de Group Solutions, qui multiplie les conférences en Normandie et dans les Hauts-de-France. «C’est un nouveau risque. La cybersécurité est devenue un business, représentant six milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde», souligne-t-il, rappelant que les données volées sont parfois revendues pour plusieurs centaines de milliers d’euros.
Selon les chiffres communiqués par l’organisateur, 66% des entreprises françaises ont été touchées en 2022. Les TPE et PME sont les premières ciblées (37%), devant les collectivités territoriales. Pourtant, «84% des dirigeants se disent mal préparés».
Perte de chiffre d’affaires
Le manque de préparation peut coûter très cher. «Lors d’une attaque, il peut y avoir une perturbation de production dans 21% des cas, et même une perte de chiffre d’affaires dans 6% des situations lorsque l’activité ne peut pas redémarrer rapidement», détaille-t-il. L’entreprise estime à 4 500 euros la perte quotidienne pour une structure réalisant 1 million d’euros de chiffre d’affaires annuel.
«Le maillon faible, c’est le collaborateur», poursuit Philippe Vasseur. De simples outils peuvent pourtant renforcer la sécurité, comme la double authentification ou les logiciels de protection des emails. «Certains dispositifs vont plus loin, avec un avatar qui rappelle régulièrement les bonnes pratiques aux collaborateurs et leur propose de courts modules de formation», explique-t-il.
«Une question de génération»
Pour Maxime Prawitz, directeur des ventes de Group Solutions pour la Seine-Maritime et l’Eure, «c’est aussi une question de génération. Les personnes nées entre 1950 et 1970 sont parfois dans le rejet, quand d’autres sont en recherche d’informations». C’est le cas de Nicolas Dufetelle, du syndicat Sud Rail, qui reconnaît que «[s]on système actuel est obsolète, mais que, comme toutes les structures, il veut protéger [s]es données».
Pour la directrice de l’office de tourisme, l’incident a finalement eu des conséquences limitées. «À part quelques articles du site web qu’il a fallu republier et un virement qui sera remboursé, il n’y a pas eu de gros dégâts», conclut-elle. Mais, Group Solutions le rappelle, certaines attaques mènent à des situations bien plus graves, jusqu’au dépôt de bilan pour les entreprises incapables de relancer leur activité.