Chaque année, près de 5 200 personnes sont touchées par le cancer de l’œsophage. Il touche majoritairement les hommes qui représentent 80 % des cas, notamment ceux de plus de 50 ans. Malgré sa fréquence moins élevée que d’autres cancers, son pronostic reste sombre en raison d’un diagnostic tardif. 

Deux types de cancer de l’œsophage

L’œsophage est la partie du tube digestif dont le rôle est d’assurer la descente des aliments du pharynx vers l’estomac. Sa paroi, composée de plusieurs couches de tissus peut subir des changements au fil du temps. Les cellules qui tapissent l’œsophage peuvent alors se transformer et devenir cancéreuses. Il existe principalement deux types de cancer de l’œsophage. 

Le carcinome épidermoïde est la forme la plus répandue du cancer de l’œsophage qui apparaît fréquemment dans les deux tiers supérieurs de l’œsophage. Il se développe à partir des cellules plates (aussi appelées cellules pavimenteuses ou squameuses) qui forment la couche interne de l’œsophage. Ces cellules deviennent cancéreuses sous l’effet de facteurs irritants chroniques. Les plus grands facteurs de risque du carcinome épidermoïde sont le tabagisme et la consommation d’alcool

L’adénocarcinome œsophagien est moins fréquent et apparaît généralement dans le tiers inférieur de l’œsophage. Il se forme à partir des cellules qui produisent et libèrent le mucus et d’autres fluides. Les facteurs de risques les plus importants de ce type de cancer de l’œsophage sont les reflux gastro-œsophagiens chroniques, souvent favorisés par l’obésité. Ces reflux acides qui durent dans le temps peuvent entraîner une transformation anormale de la muqueuse de l’œsophage (transformation appelée œsophage de Barrett). Dans ce cas, les cellules plates sont remplacées par des cellules glandulaires semblables à celles de l’intestin et le risque de dégénération en un cancer de l’œsophage est beaucoup plus élevé. 

D’autres facteurs de risque

Au-delà du tabagisme, de la consommation d’alcool ou des reflux gastro-œsophagiens, il existe d’autres facteurs de risque au développement du cancer de l’œsophage. Parmi eux figurent l’ingestion de substances corrosives ou toxiques, l’exposition à des radiations ionisantes, la consommation régulière d’aliments très chauds et de boissons très chaudes ou encore une mauvaise hygiène dentaire. 

Symptômes du cancer de l’œsophage 

Le symptôme prédominant du cancer de l’œsophage est la dysphagie intermittente, c’est-à-dire l’impression de ne pas pouvoir avaler de l’eau ou des aliments à certains moments. Cette difficulté à avaler s’aggrave progressivement. Dans un premier temps, elle consiste en une simple gêne intermittente, puis la difficulté devient permanente et d’étend des aliments solides aux aliments semi-solides voire aux liquides. Enfin, à un stade avancé, la sensation de blocage apparaît avec l’impression que les aliments restent coincés au niveau du sternum

Les autres symptômes du cancer de l’œsophage sont : 

  • une perte d’appétit et une perte de poids involontaire ;
  • un douleur ou gêne à la gorge, au thorax ou au dos ;
  • une toux persistante ;
  • des nausées et vomissements ;
  • des brûlures d’estomac récurrentes ;
  • une voix enrouée ;
  • un hoquet persistant ;
  • la présence de sang dans des vomissements ou des expectorations ;
  • un fatigue et faiblesse générale ;
  • une mauvaise haleine liée aux reflux de nourriture dans l’œsophage ;
  • des malaises.

En général, les premiers signes et symptômes apparaissent une fois que le cancer a fait épaissir la paroi de l’œsophage. Cela dit, la détection précoce du cancer est difficile puisque les premiers symptômes sont souvent discrets, peu spécifiques et sont également caractéristiques d’autres pathologies.

Le diagnostic et le traitement du cancer de l’œsophage

Pour établir un diagnostic du cancer de l’œsophage, il existe plusieurs moyens. La fibroscopie œsophagienne permet de détecter une tumeur et de réaliser des prélèvements pour analyser les cellules. Elle est réalisée en insérant un tube mince et flexible dans la gorge du patient. Pour observer la propagation du cancer dans la paroi et sa présence sur les ganglions, une écho-endoscopie peut être réalisée. Il s’agit d’une sonde insérée dans l’œsophage pour effectuer une échographie des couches de la paroi œsophagienne et des structures voisines comme les ganglions lymphatiques. La détection de métastases est possible avec un scanner du thorax et de l’abdomen. Pour voir la forme de la tumeur, un transit œsophagien peut être effectué.

Le traitement du cancer de l’œsophage est différent en fonction du type de cancer, de son ampleur et des antécédents médicaux du patient. La chirurgie permet d’enlever la tumeur de l’œsophage et est bien adaptée si le cancer est localisé. La radiothérapie détruit les cellules cancéreuses grâce à des rayons ou des radiations. Elle est souvent associée à la chimiothérapie pour des cancers localement avancés ou lorsque la chirurgie n’est pas possible. La chimiothérapie détruit, quant à elle, les cellules cancéreuses grâce à des médicaments en complément ou en alternative à la chirurgie et à la radiothérapie. 

Si la détection précoce reste un enjeu majeur, la recherche se poursuit pour pouvoir améliorer la prise en charge et l’accompagnement des personnes touchées par le cancer de l’œsophage.