Si quelqu’un connaît parfaitement le club et son environnement, c’est bien Maurice Cohen. Lui, le fervent supporter du Gym depuis l’adolescence, n’aurait jamais imaginé en devenir un jour le patron. Il l’a été durant sept années, entre 2002 et 2009.
Mis en danger par la gestion de Robert Cassone, le club est au bord du dépôt de bilan quand, à 47 ans, il s’associe à Gilbert Stellardo, Marcel Governatori, Jean Bessis et Louis Bacchialoni pour le sauver. Aidé de l’entraîneur Gernot Rohr, Cohen ira jusqu’à solliciter le CNOSF pour faire annuler la relégation sur tapis vert jusqu’en National décidée par la DNCG(1). « On a repris l’OGC Nice en perdition, il n’y avait plus rien : plus de ballon, les machines étaient obsolètes dans la salle de musculation… Ce n’était pas une affaire facile, on a passé des nuits à travailler sur les budgets pour obtenir le maintien de l’équipe en Ligue 1. On est parti la tête baissée, on a foncé. C’était de la folie, mais on y est arrivé », confiait-il en 2022 dans nos colonnes.

Garant de l’identité niçoise
Maurice Cohen ne permet pas seulement de redresser l’institution, il la pérennise. Il représente l’identité niçoise, apporte une gestion saine et stable. Les supporters suivent. Se régalent des exploits de Diawara ou d’Everson, admirent le sens du combat d’Abardonado et Cobos. Avec Rohr puis Antonetti, l’OGC Nice s’installe en milieu de tableau de L1. Et fait monter 25 000 Niçois à Paris en 2006 pour une finale de Coupe de la Ligue qui malheureusement lui échappe face à Nancy.
Sous sa gouvernance, il pousse aussi pour la construction d’un grand stade à Nice. C’est finalement Jean-Pierre Rivère qui ira quelques années plus tard au bout de ce projet.
Il est resté proche du club
Après un faux départ de trois jours en 2007, le président Cohen signe la fin de son aventure avec Nice au début de la saison 2009/2010. Aux mauvais résultats sportifs, puisque l’arrivée de Didier Ollé-Nicolle est un échec, s’ajoutent des conflits qui l’opposent aux actionnaires majoritaires du club, Gilbert Stellardo et Marcel Governatori. « Être président d’un club de foot, c’est une histoire de fou ! Ça ne s’arrête jamais. Quand j’ai démissionné, il m’a fallu trois ans pour souffler, reprendre une vie normale » dira-t-il après coup.
Le football a peut-être changé, mais il ne s’en est jamais éloigné. Le brillant homme d’affaires de 70 ans, toujours à la tête d’une entreprise de communication solidement ancrée à Monaco, ne rate jamais un match du Gym. S’il a toujours veillé à rester à sa place, son influence n’a pas faibli. C’est lui qui dans l’ombre avait notamment facilité la saison dernière la signature avec le Cavigal Nice d’un partenariat au point mort depuis plusieurs années. C’est désormais en première ligne que Maurice Cohen va batailler pour le salut de l’OGC Nice.
1. Direction nationale de contrôle et de gestion des clubs