Ce n’est pas la première fois que « Le So » n’ouvrira pas pour la nouvelle année. L’an dernier déjà, l’établissement faisait l’objet d’une fermeture administrative.
Et aujourd’hui, rebelote. Le juge des référés a confirmé la fermeture administrative du So Club, club-discothèque situé sur les quais de Seine à Rouen. L’établissement devra rester fermé pendant deux mois, conformément à l’arrêté pris le 16 décembre 2025 par le préfet de la Seine-Maritime.
Une atteinte à la liberté d’entreprendre ?
La société gestionnaire du So Club avait saisi la justice en référé-liberté, estimant que cette décision portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’entreprendre. Un recours rejeté par le juge, qui a statué dans un délai de 48 heures.
Des faits jugés graves et non isolés
Pour motiver la fermeture de l’établissement, le préfet s’est appuyé sur les dispositions de l’article L. 3332-15 du code de la santé publique, qui l’autorise à fermer un débit de boissons ou un restaurant en cas d’atteinte à l’ordre public, à la santé ou à la tranquillité publique.
En l’espèce, les autorités ont retenu un événement survenu fin septembre 2025. « Vers 5h20 du matin, une mineure a été retrouvée par les forces de l’ordre sur le parking du So Club », indique le tribunal administratif dans un communiqué. « Elle présentait des signes d’ivresse manifeste et a déclaré avoir consommé de la vodka à l’intérieur de l’établissement, avant d’indiquer avoir été victime d’un viol ». L’exploitant du club a tenté de remettre en cause l’exactitude matérielle de ces faits. Mais le juge des référés a estimé que les éléments avancés « n’étaient pas suffisants », notamment au regard de déclarations recueillies par la police en novembre 2025 dans le cadre d’une enquête pour subornation de témoin.
Une mesure jugée proportionnée
Dans sa décision, le tribunal souligne que ces faits, non isolés, constituent par leur nature de « graves troubles à l’ordre public, directement liés aux conditions d’exploitation et à la fréquentation de l’établissement ». Dès lors, la fermeture pour une durée de deux mois n’a pas été jugée excessive.
Le juge a conclu que la mesure ne portait pas une « atteinte manifestement disproportionnée aux libertés du commerce et de l’industrie, pourtant reconnues comme des libertés fondamentales ».