l’essentiel
Suite aux perturbations observées sur la ligne Toulouse-Auch ces derniers mois, la présidente de Région Carole Delga avait exigé un plan d’urgence de la SNCF. Celui-ci a été présenté cette semaine à Montpellier et prévoit des travaux de modernisation et de fiabilisation.
Après une fin d’année 2025 décidément compliquée, où les blocages agricoles ont succédé aux perturbations liées à de grosses dégradations, les usagers de la ligne Toulouse-Auch vont-ils enfin voir la lumière au bout du tunnel ? C’est ce que laisse espérer le plan d’urgence présenté par la SNCF ce mercredi 17 décembre à Montpellier, en présence de Carole Delga.
Réclamé par la présidente de la région Occitanie, qui s’était récemment entretenue avec le président de la SNCF Jean Castex au sujet des trop nombreux désagréments rencontrés cette année par les usagers sur les lignes régionales, le plan prévoit ainsi de nombreuses améliorations, sur les voies comme au niveau du service proposé à la clientèle.
Des travaux prévus dès 2026
Le chiffre est éloquent. Plus de 580 trains ont été supprimés sur la ligne Toulouse-Auch sur le seul mois de novembre, des suppressions liées pour la quasi-totalité à des dégradations observées sur les infrastructures (défaut d’aiguillage à L’Isle-Jourdain et acte de malveillance sur un aiguillage à Brax). Les abonnés 2025 se verront à ce titre remboursés de deux mois d’abonnement par la Région, sur la base des pénalités imposées à la SNCF.
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Pour réduire au maximum ces difficultés à l’avenir, la SNCF s’engage à effectuer des travaux de modernisation de la ligne à partir de 2026, à commencer par le remplacement d’un pupitre de télécommande sur Brax. Des travaux sur la voie sont également programmés en fin 2026 – début 2027 « pour permettre de maintenir la performance de la ligne », dixit Catherine Trevet, directrice territoriale Occitanie de la SNCF.

La présidente de la région Occitanie Carole Delga aux côtés de Catherine Trevet et Gaël Barbier, de la SNCF.
Région Occitanie – MAXIME ALESSANDRINI
De nombreux actes de malveillance « récurrents, très impactants et très pénalisants » étant constatés sur cette ligne, la SNCF s’engage par ailleurs à intensifier l’identification des zones à risques, en renforçant les dispositifs de surveillance pour sécuriser les installations, et en poursuivant son travail avec les autorités. Elle promet également d’accélérer les opérations de lutte contre la faune sauvage.
De son côté, la Région annonce consacrer 4,5M€ supplémentaires à ces travaux d’urgence d’ici 2027, tout en appelant l’État à ses responsabilités. « Tout le réseau ferré appartient à l’État français. Normalement, quand on est propriétaire, on finance », a lancé Carole Delga.
Plus de trains et un meilleur service clients
Au-delà de la modernisation de la ligne, la SNCF assure également vouloir faire rouler plus de trains sur le réseau régional. Elle poursuit ainsi son recrutement de conducteurs (149 embauchés ces deux dernières années). « Ça va nous permettre de nous doter d’une réserve de 20 conducteurs sur l’année 2026, a indiqué Gaël Barbier, directeur régional SNCF Voyageurs. On va pouvoir continuer à faire rouler plus de trains. L’amélioration constatée en 2025 va se poursuivre, ça va nous permettre de mieux résister et de faire face aux aléas. »
Chaîne Whatsapp et système d’alerte
Gaël Barbier annonce également l’amélioration de l’information aux voyageurs, avec la récente mise en place d’une chaîne régionale Whatsapp permettant d’apporter « une réponse personnalisée sur la situation du voyageur ». Début 2026, une « information transparente » sera apportée sur la ponctualité des lignes. Au printemps prochain, la SNCF mettra en place un système d’alerte en cas de perturbation.
La ligne bientôt requalifiée en réseau structurant ?
C’est l’un des combats de Carole Delga, qui souhaite que la ligne Toulouse-Auch, ligne de desserte fine de territoire, soit requalifiée en réseau structurant pour obtenir davantage de crédits et de considération. « Nous demandons que la Région n’ait pas à supporter le sous-investissement de l’État, parce que dire qu’une ligne qui relie une préfecture à une capitale régionale, c’est une ligne fine de desserte du territoire, c’est objectivement injustifiable », a martelé la présidente de Région.
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En charge d’une mission sur le financement des petites lignes ferroviaires, le préfet François Philizot devrait se saisir de la question prochainement. « Le calendrier n’est pas encore connu de la part du gouvernement sur l’échéance de la requalification des lignes fines en structurantes », a précisé Carole Delga.