Publié le
20 déc. 2025 à 14h00
C’est le document d’urbanisme de référence qui préfigure l’aménagement du territoire de l’ensemble du territoire de l’agglomération à horizon 2040.
Mardi 16 décembre 2025, le Conseil communautaire a approuvé à l’unanimité le Schéma de cohérence territoriale (Scot) de l’agglomération Grand Paris Sud, située à cheval entre l’Essonne et la Seine-et-Marne.
Il se traduit par deux décisions majeures, la protection de 950 hectares de terres agricoles et l’engagement de produire 2 000 logements par an pour répondre à la densification prévue par le schéma directeur de la Région Île-de-France, (Sdrif-E) auquel le Scot doit se conformer.
La moitié du territoire de l’agglomération est déjà urbanisée
« Ce Scot est le fruit de plusieurs années de travail. Il amorce la bifurcation sociale et écologique de notre territoire », résume Michel Bisson, le président de Grand Paris Sud.
L’élu met en avant les 950 hectares de terres agricoles, appartenant à l’État, au niveau de la ville nouvelle de Sénart qui seront sanctuarisés sur les 1 350 qui étaient dédiés à l’urbanisation.
L’agglomération souhaite les destiner à un projet alimentaire et agricole en circuit court à destination de la population locale ou des cantines scolaires.
« Sur la superficie qui reste à urbaniser, 90 % est située dans des périmètres administratifs d’aménagement déjà constitués », assure l’élu, également maire de Lieusaint.
Rappelant que l’agglomération s’étend sur 22 000 hectares, Stéphane Raffalli, vice-président en charge de l’aménagement, des grands projets, de l’habitat et du logement, précise que la moitié a déjà été urbanisée « très largement sous l’impulsion des villes nouvelles de Sénart et d’Évry, construites en extension urbaine ».
L’agglomération ne souhaite pas poursuivre l’extension urbaine
Alors que l’État anticipe une croissance de la population et met à contribution les territoires franciliens pour construire des logements, l’agglomération ne souhaite « surtout pas continuer l’extension urbaine ».
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Il s’agirait plutôt de donner la priorité à la transformation de l’existant comme les friches industrielles ou les anciens bureaux d’entreprises pour « refaire la ville sur la ville ».
D’après Stéphane Raffalli, l’État, via le schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (auquel le Scot doit aussi se conformer) demande à Grand Paris Sud la construction de 2 450 logements par an.
Le Scot de l’agglomération, lui, fixe un seuil de production de 2 000 logements par an, jugé « compatible avec les capacités réelles du territoire ».

Stéphane Raffalli (à gauche) et Michel Bisson, lors d’une conférence de presse organisée le 16 décembre 2025 en amont de l’approbation du Scot de Grand Paris Sud par les élus du Conseil communautaire. (©T.F. / actu Essonne)Des nouveaux logements conditionnés à la création d’infrastructures
Si on continue à produire du logement en seconde couronne comme on l’a fait, sur nos territoires qui présentent des vulnérabilités, des fragilités, on va à la catastrophe. Il faut mettre en place avec l’État une autre méthode de coopération pérenne et permanente pour arriver à répondre à la demande de logements.
Stéphane Raffalli
Le Scot propose ainsi la création d’une commission paritaire réunissant l’État, la Région et l’Agglomération et qui aurait d’après l’élu, « l’obligation de veiller à ce que les conditions de production de logement soient garanties » en termes d’infrastructures et des services publics : transports, équipements scolaires, santé.
« On se mobilise pour répondre à la demande et construire massivement du logement, car 2 000 par an, ce n’est quand même par rien, mais nous avons besoin d’être accompagnés par l’État et sortir de la méthode verticale qui consiste à imposer un chiffre de construction de logement », souligne Michel Bisson.
Une répartition « équilibrée » des futurs logements
Selon le président de l’agglomération, la répartition des futures constructions de logements va se faire de « manière équilibrée » entre la partie essonnienne qui représente deux tiers du territoire de Grand Paris Sud et la partie seine-et-marnaise.
De son côté, l’État a rendu un avis négatif sur le Schéma de cohérence territoriale de Grand Paris Sud, avec comme premier motif le désaccord sur le nombre de logements à construire par an.
En second lieu, l’État s’oppose à la sanctuarisation d’une parcelle de 35 hectares, dont il est propriétaire et qui accueille depuis de nombreuses années, une exploitation agricole comprenant la ferme cueillette de Savigny.
« L’État souhaite que cette parcelle, située sur la ZAC du Carré Sénart reste urbanisable. Toutefois, au fil des années les habitants se sont approprié la cueillette », estime Michel Bisson.
2 000 logements construits par an : « un bon compromis »
Une pétition lancée à l’été 2025 par plusieurs associations environnementales pour préserver l’exploitation agricole a recueilli en quelques semaines plus de 11 000 signatures.
Par ailleurs, l’enquête publique du Scot qui s’est tenue de début septembre à début octobre 2025 a recueilli 280 contributions.
À l’issue, la commission d’enquête a rendu un avis favorable, assorti de deux réserves portant sur le logement et l’assainissement.
« Les commissaires enquêteurs ont estimé que la construction de 2 000 logements par an est un bon compromis mais qu’il fallait essayer de tendre vers les 2 450 demandés par l’État. Sur l’assainissement, nous devons nous mettre à niveau en ce qui concerne les stations d’épuration pour continuer à développer nos villes », détaille Stéphane Raffalli.
L’État, lui, peut toujours formuler un recours devant le tribunal administratif et suspendre l’exécution du Scot de Grand Paris Sud.
Michel Bisson et Stéphane Raffalli espèrent que ce ne sera pas le cas et qu’au contraire ce schéma de cohérence territoriale permettra de faire naître un dialogue.
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