Le président russe a dit vendredi qu’il se renseignerait pour voir si une issue « favorable » est possible, alors que le chercheur français, accusé d’espionnage, a été condamné et emprisonné en Russie.

Le sort du Français Laurent Vinatier a été évoqué vendredi lors de la conférence de presse annuelle du président russe, Vladimir Poutine. Interrogé par le journaliste de TF1 Jérôme Garro sur la situation de ce chercheur de 49 ans, le dirigeant russe a d’abord assuré « ne rien savoir de ce dossier ». « C’est la première fois que j’en entends parler ». « Je vais tenter de trouver des informations sur le sujet et de voir s’il y a une chance de le résoudre de manière favorable », a-t-il ensuite ajouté.

VidéoRussie : le chercheur français Laurent Vinatier incarcéré à Moscou risque jusqu’à 20 ans de prison

Laurent Vinatier a été condamné en octobre 2024 à trois ans de prison pour ne pas s’être enregistré en tant qu’« agent de l’étranger », alors qu’il collectait des « informations militaires » pouvant être « utilisées contre la sécurité » de la Russie. Il a reconnu les faits, mais plaidé l’ignorance. En août 2025, il a par ailleurs comparu devant un tribunal russe pour des accusations d’« espionnage » qui, si elles étaient confirmées, risqueraient d’alourdir considérablement sa peine, rappelle l’Agence France presse.

Sur TF1, les parents du prisonnier se sont dits « étonnés ». « Nous pensions qu’il (Poutine) était au courant de ce qu’il se passe, d’autant que Laurent est le seul prisonnier politique français ». « Nous avons pris le parti de ne plus espérer naïvement comme c’était le cas dans les premiers mois », détaille sa mère.

Employé d’une ONG suisse

Elle a également témoigné de l’« espoir » qui l’habite. « Nous avons de l’espoir. Nous ne pouvons que lui faire confiance », ajoute-t-elle sur BFMTV en réaction aux paroles de Vladimir Poutine. Elle tempère toutefois en disant qu’il ne s’agit « pas d’une espérance qui se lève d’un coup ».

Spécialiste de l’espace post-soviétique, Laurent Vinatier était employé par le Centre pour le dialogue humanitaire, une organisation non gouvernementale (ONG) suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s’agissant de l’Ukraine. Paris a exigé de Moscou la libération de son ressortissant, accusant la Russie de chercher à prendre des Occidentaux en otage, alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas.