Elle fait partie des pratiques musicales les plus accessibles. La chorale a le vent en poupe ces dernières années. Les pratiquants se font de plus en plus nombreux. Le milieu compte environ 3,5 millions de pratiquants réguliers selon une étude de l’IFOP (2024) commandée par la Fédération nationale de chorales A Cœur Joie. C’est plus que le nombre de licenciés de football (environ 2,3 millions), selon les derniers chiffres de la Fédération française de football. A Cœur Joie compte environ 280 chœurs dans toute la France parmi lesquels huit chorales en Normandie (dont une chorale d’enfants) soit environ 300 choristes. A Rouen, elle a deux représentants : Contretemps et Cassiopée qui participent au rayonnement de l’association grâce à une série de concerts tout au long de l’année avec en point d’orgue la réunion de toutes les chorales pour un concert inédit.

Ce dernier a eu lieu en octobre au temple Saint-Eloi à Rouen avec une centaine de choristes issus de toute la région. A l’occasion des fêtes, les deux ensembles ont donné leur dernière représentation de l’année (civile), mardi 16 décembre, dans une résidence seniors à Bihorel près de Rouen. « C’est notre deuxième concert de Noël après Isneauville dans lequel on fait participer le public, explique Matthieu Cavé, chef de chœur de Contretemps, on est sur un répertoire de variété française ou anglaise et bien sûr pour l’occasion des chants de Noël bien connus et arrangés. » Matthieu Cavé est lui-même choriste depuis 7 ans dans le chœur de chambre de Rouen dirigé par Frédéric Pineau et s’est rapidement intéressé à la direction de chœur. « J’aime bien l’idée de construire ensemble un objectif en commun, c’est aussi le plaisir de se retrouver. » Sa troupe, composée d’une trentaine de chanteurs, se réunit tous les jeudis à Bihorel pour répéter.

Une pratique vieillissante et encore trop féminine ?

« Il n’y a pas d’audition pour entrer, tout le monde peut venir », explique Brigitte Guillamet, soprane dans le chœur Contretemps. La Bois-Guillaumaise pratique le chant choral depuis une vingtaine d’années et a pu observer l’engouement autour de la pratique. « Les chorales de Bihorel et globalement les chorales adultes de Normandie ont bien grossi ces derniers temps… En revanche on cherche toujours des voix d’hommes. » C’est l’une des préoccupations du milieu. Le manque de voix graves a pour conséquence de déséquilibrer l’harmonie des ensembles. « Je crois que le secret c’est d’accepter de se lâcher, et j’ai l’impression que les femmes le font plus facilement que les hommes », remarque Bertrand Rombaut, un des seuls choristes hommes de la troupe, au début avec les sopranes, les altos et moi tout seul avec la voix basse d’homme j’avais l’impression que personne ne pouvait me remplacer », lance, amusé, Bertrand Rombaut. « C’est bien d’avoir aussi un pupitre d’hommes car ce sont les voix parmi les plus graves, les basses, qui sont les fondements de l’harmonie », confirme Matthieu Cavé qui alerte aussi sur le vieillissement des choristes. En effet, la majorité des pratiquants en France se situent dans une moyenne d’âge allant de 61 à 75 ans.

En 2026, les chorales normandes d’A Cœur Joie, dont le chœur Contretemps, vont s’attaquer à la préparation d’un projet de concerts en Normandie en lien avec le millénaire de Guillaume le Conquérant en 2027, aux côtés d’une chorale venue spécialement de Norvège.