Pas de pancarte brandie ici ou là pour dénoncer la gestion, par l’État, de la dermatose nodulaire, cette maladie virale hautement contagieuse qui frappe les bovins. Pas de tracteur, comme la veille, à Roanne, pour bloquer le centre-ville.
« Un rassemblement de toutes les colères »
C’est dans le plus grand calme, et à l’appel d’un collectif de citoyens, qu’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, samedi après-midi, place du Peuple, pour exprimer leurs soutiens aux agriculteurs et leur ras-le-bol face aux politiques gouvernementales. « C’est un rassemblement de toutes les colères » synthétise un manifestant. « Vendredi, nous étions à Roanne, quelques jours plus tôt, à Lyon, nous ne pouvons pas être de partout », plaide Nicolas Clair. La veille, ce porte-parole de la Confédération paysanne a passé sa journée dans son exploitation à finir de semer le blé et à procéder à des travaux.
« Les urbains sont aussi des consommateurs légitimes à avoir un avis sur l’agriculture »
C’est un collectif de citoyens qui l’a invité à intervenir, place du Peuple, sur les questions de la dermatose nodulaire contagieuse et des accords de libre-échange avec le Mercosur. « Les urbains sont aussi des consommateurs légitimes à avoir un avis sur l’agriculture, estime Nicolas Clair. C’est leur santé, leur alimentation, leur paysage, leur biodiversité et la qualité de leur eau », a listé l’exploitant agricole de Sainte-Foy-Saint-Sulpice qui a également rappelé que si l’accord de libre-échange avec le Mercosur était signé, « ce serait des milliers de centaines de bœufs d’Amérique du Sud qui seraient importés en France ». Et qui se retrouveraient dans les assiettes des consommateurs.