Le président de Nîmes Métropole fait le point sur les lignes aéroportuaires et l’avenir du site avec le départ annoncé du directeur Jérôme Nolesini.

Le conflit entre Ryanair et l’État français reste encore actif. Où en est-on pour l’aéroport de Nîmes, où Ryanair est en quasi-monopole ?

Ryanair a confirmé toutes ces lignes. Mais c’est la problématique d’avoir une structure monopolistique du marché : Quand Ryanair tousse, on tremble. J’avais peur pour Nîmes quand je vois ce qu’ils ont enlevé à Charleroi ou à droite, à gauche, on s’en sort bien. Il n’a pas de sanctions pour Nîmes, mais sans doute parce que les taux de remplissage. Il n’y a que Porto qui reste en suspens. Mais si Ryanair ne reprenait pas Porto, a priori, je dis bien a priori, pour ne pas qu’on m’accuse de faire des effets d’annonce, la TAP pourrait reprendre la ligne.

Qu’en est-il pour l’aventure Odyssey, compagnie qui, sur sept destinations annoncées au départ, a désormais annulé l’ensemble de ses vols ?

Odyssey, pour moi, c’est terminé. J’ai demandé à mon délégataire (Edeis, NDLR) d’aller chercher d’autres compagnies. Car je garde toujours l’objectif, à terme, d’ouvrir une ligne vers l’Italie et l’Espagne, qui correspondent quand même au profil des touristes que nous avons.

Où en est une potentielle collaboration avec l’aéroport de Montpellier ?

J’envisage très clairement, si Montpellier continue à avoir ce comportement de non-participation commune, de me tourner vers Marseille qui a un esprit d’ouverture un peu plus grand. Si je n’arrive pas plus à travailler avec Montpellier, je n’hésiterai pas à travailler à Marseille. Tout le monde est intéressé par la plateforme nîmoise.

« L’aéroport est un joyau économique »

Le directeur de l’aéroport, Jérôme Nolesini, n’occupe depuis janvier qu’à « mi-temps » son poste, ayant récupéré la direction des monuments romains. Jugez-vous cette situation satisfaisante ?

Ma demande est sur un temps plein. Le délégataire a un contrat d’objectif. J’ai quand même une exigence particulière en termes de résultats, qui est contractuelle.

Quelle est-elle ?

Il y a un nombre de passagers à atteindre, à terme, qui est engagé. Il peut y avoir des effets conjoncturels, mais effectivement, les moyens personnels et humains, les démarches commerciales doivent être à la hauteur de nos exigences et en tout cas en adéquation avec les objectifs pour lesquels ils se sont engagés. Bien sûr qu’il n’y a jamais eu autant de passagers, on a battu un record. Mais l’objectif, il ne s’arrête pas à 250 000. On a un aéroport qui est dimensionné pour avoir 400 000 passagers.

Reste la question des abords de l’aéroport, très souvent critiqués par les usagers ?

Le parking est excessivement cher. La justification du délégataire est qu’il est à proximité de l’aéroport. Mais on travaille dessus parce que je suis conscient qu’il est trop cher. Il y a un travail de fond qui est mené sur l’aéroport. On a de beaux projets, notamment avec Sabena (Sabena technics, qui assure sur la base aéroportuaire la maintenance des appareils de la sécurité civile, NDLR) qui pourraient avoir de la croissance en termes d’emplois. Sans oublier les projets que nous avons en termes d’aménagement, de développement économique. L’aéroport, ce n’est pas que le trafic passager. On a un outil là formidable qui est un joyau économique et un élément structurant de notre territoire.